Guadeloupe: Fillon confirme un revenu supplémentaire de 80 euros

ANTILLES Un accord «non définitif» sur les 200 euros d'augmentation a été acquis. Soit un premier pas vers la fin du conflit mais les discussions ne sont pas terminées…

Avec agence

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Dans le centre ville de Pointe-à-Pitre, des manifestants ont défilé pour faire fermer les commerces qui avaient levé leurs rideaux. En banlieue, des files d'attente se sont formées devant au moins deux supermarchés.
Dans le centre ville de Pointe-à-Pitre, des manifestants ont défilé pour faire fermer les commerces qui avaient levé leurs rideaux. En banlieue, des files d'attente se sont formées devant au moins deux supermarchés. — Lionel Bonaventure AFP

Vers une sortie de crise? Le Premier ministre a confirmé jeudi le versement par l'Etat, à titre transitoire jusqu'à début 2011, d'un revenu supplémentaire de 80 euros par mois à tous les salariés touchant moins de 1,4 Smic. Fillon a fait cette annonce à l'issue d'une réunion à Matignon avec 31 élus d'outre-mer.

Après 11 heures de tractations mercredi, l'accord semblait clairement se concrétiser. L'Etat, le patronat et le collectif LKP qui mène la grève depuis le 20 janvier, sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à un accord non définitif sur une augmentation de 200 euros des bas salaires, selon l'un des dirigeants de l'intersyndicale.

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«Les 200 euros c'est OK. L'Etat va garantir les 200 euros», a déclaré à la presse l'un des dirigeants de l'intersyndicale Rosan Mounien. «On est habitués aux revirements du patronat, on se méfie, la grève continue», a toutefois déclaré le leader du LKP Elie Domota. Le préfet Nicolas Desforges a indiqué pour sa part qu'un accord définitif «n'est pas signé et les débats ne sont pas terminés». «Nous n'avons pas totalement abouti, les discussions sont suspendues et reprendront à 14 h30» ce jeudi, a-t-il ajouté.

Une foule importante a soutenu le LKP en chanson, au rythme des tambours, pendant toute la nuit devant la capitainerie de Pointe-à-Pitre où ces négociations marathon se déroulaient. Les différentes parties ont négocié à partir du montage du gouvernement qui prévoyait approximativement: 80 euros de l'Etat, 50 euros des entreprises et 50 des collectivités locales, soit 180 euros de hausse des bas salaires. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a indiqué jeudi sur RMC que le RSA transformé pour l'outre-mer «en revenu supplémentaire temporaire d'activité» atteindrait «entre 80 et 100 euros» pour les bas salaires.

 

Mais le LKP a toujours revendiqué une augmentation de 200 euros. Finalement, selon Rosan Mounien, l'Etat ajoutera 20 euros pour les petites sociétés de moins de 20 salariés. Au delà de 20 salariés, les chefs d'entreprises prendront la différence à leur charge, certaines allant au delà de 200 euros d'augmentation. Juste avant le début de la réunion, Matignon a proposé un Revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA) avec 80 euros mis par l'Etat jusqu'«à l'horizon 2011» avant un retour au revenu de solidarité active (RSA).

Un accord mais pas la fin des discussions

Restent à régler le problème de la date de prise d'effet de cette mesure, la durée de l'accord (2 ou 3 ans), le salaire de base (brut nu ou avec les primes). Jean-Marie Normertin du LKP, a déclaré : «on a avancé, on a eu les 200 euros, mais le problème qui reste le plus important est la pérennité du système au delà de 3 ans». «On attend de connaître la position du Medef, pour reprendre les négociations», a-t-il dit.

Le LKP appelle à un rassemblement à Baie-Mahault, non loin de Pointe-à-Pitre jeudi à 8 heures, heure locale.