Jack Lang, émissaire de l'Elysée à Cuba, est «en pleine harmonie» avec lui-même, le PS et la politique internationale de Sarkozy

POLITIQUE L'ancien ministre socialiste doit travailler à une coopération entre Paris et la Havane...

20minutes.fr (avec agence)

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Karim Jaafar AFP/Archives
Jack Lang est «en pleine harmonie» avec lui-même, le Parti socialiste et la politique internationale du chef de l'Etat. C'est ce qu'il a déclaré à l'AFP depuis la Havane, où il a été envoyé en tant qu'«émissaire spécial» de Nicolas Sarkozy.

Le président de la République a demandé à Jack Lang d'être son «émissaire spécial pour Cuba pour explorer avec les autorités cubaines les modalités d'une reprise du dialogue politique et de la coopération entre la France et Cuba», a-t-on indiqué à l'Elysée.

«J'assume pleinement et avec sérénité» cette mission, a indiqué l'ex-ministre socialiste de François Mitterrand, tout en réfutant une nouvelle fois une quelconque volonté d'entrer au gouvernement : «Absolument pas, en aucune manière!», a-t-il répété, se disant simplement «heureux de remplir cette mission en conformité avec mon idéal, avec mes convictions» et «avec le souci de l'intérêt supérieur du pays». L'ancien ministre de l'Education a également assuré qu'il n'était «pas prêt à renoncer à (se) battre sur les questions d'éducation et sur la politique sociale» du gouvernement.

Une lettre pour Raul Castro

Selon l'entourage de Jack Lang, celui-ci est «porteur d'un message du président» Sarkozy. «Chaque fois qu'il se déplace à l'étranger, il représente aussi la France», a fait valoir une source élyséenne à l'AFP, soulignant que l'ex-ministre de François Mitterrand connaissait les dirigeants cubains «depuis trente ans».

Au cours de son séjour à La Havane, le député socialiste du Pas-de-Calais devrait avoir une série d'entretiens avec des responsables du pays. Il doit rencontrer
le président cubain Raul Castro, qui a pris il y a un an la relève de son frère Fidel, malade, à la tête du pays. Il doit notamment lui remettre une lettre, indique à 20minutes.fr un haut responsable français.

Selon ce dernier, l'Elysée a estimé que c'était le «bon moment pour relancer relations franco-cubaines à un moment où les Etats-Unis cherchent à se repositionner». Jack Lang ne sera pas pour autant le «Monsieur Cuba» du gouvernement, précise-t-il, soulignant qu'il s'agissait là d'une mission ponctuelle, pour «faire bouger des lignes».

Soupçonné de vouloir céder aux sirènes de l'ouverture

Le député, souvent aperçu à l'Elysée, est régulièrement soupçonné de vouloir céder aux sirènes de l'ouverture. Deux mois après l'accession de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, il avait accepté, sans l'aval de son parti, de participer au comité de révision de la Constitution présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. Il avait été ainsi le seul socialiste à voter la réforme adoptée en juillet 2008 à une majorité qualifiée d'une voix, suscitant les critiques de nombre de ses amis politiques. Jack Lang s'était même mis à l'écart du groupe PS à l'Assemblée, sans toutefois être exclu formellement.

L'ex-ministre socialiste a plusieurs fois démenti toute velléité d'accepter une quelconque fonction qui lui serait proposée par Nicolas Sarkozy, sans toutefois exclure de participer, avec le feu vert du PS, à d'éventuelles missions «de réflexion». Il avait évoqué en décembre dernier comme l'un de ses «projets» une mission exploratoire à Cuba, précisant qu'il n'avait «aucune raison» de la refuser si le Président la lui proposait. C'est chose faite. Et Martine Aubry, à laquelle il avait apporté son soutien lors de sa candidature à la tête du PS, n'y a vu aucun inconvénient.