Un détenu a été égorgé à la prison de Lannemezan

FAIT DIVERS Deux détenus de cet établissement de haute sécurité sont suspectés...

Avec agence

— 

Rachid Benchetouia est mort à l%u2019issue d%u2019une violente altercation, vers 08h45, dans une salle d'activités de la centrale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), selon le procureur de la République de Tarbes.

Plusieurs détenus étaient en cours d'audition mardi après-midi mais deux prisonniers en particulier sont suspectés et devraient être placés en garde à vue par les enquêteurs de la police judiciaire de Pau. La rixe a été filmée par une caméra, ce qui a permis à un surveillant de donner l'alarme, a ajouté le procureur, précisant que les services de secours dépêchés sur place n'avaient pu que constater la mort du détenu.

Egorgé par une lame artisanale

Lannemezan est l%u2019une des quatre prisons de haute sécurité en France. Le procureur a assuré que la situation était calme, malgré ce drame, dans cet établissement qui compte 140 détenus.

Selon les premiers éléments de l'enquête, Rachid Benchetouia, 42 ans, de nationalité algérienne, a été égorgé avec une lame tranchante de fabrication artisanale. L'homme était en promenade lorsqu'il a été agressé par deux autres détenus.

Il s'était évadé de la prison de Moulins en 2000

Incarcérée depuis juin 2006, la victime était connue pour «faux et usage de faux, escroquerie, trafic de véhicules et vol à main armée». En juin 2000 Rachid Benchetouia s'était fait la belle par hélicoptère de la centrale de Moulins-Yzeure avec deux autres prisonniers, avant d%u2019être rattrapé quelques semaines plus tard. Il avait été condamné pour cette évasion à 15 ans de réclusion par la cour d'assises de la Loire, en juin 2003. Faisant partie des détenus particulièrement surveillés (DPS) de la centrale de Lannemezan, il était libérable en 2020.

Rachida Dati a fait savoir qu'elle avait saisi l'Inspection de l'Administration pénitentiaire d'une enquête administrative qui sera menée parallèlement à l'enquête judiciaire conduite par le procureur. «Les inspecteurs se sont rendus immédiatement à l%u2019établissement pénitentiaire», a souligné la Chancellerie.

«La sécurité n'est plus assurée dans la plupart des prisons» pour la CGT

Mais ce nouveau fait divers en prison relance sérieusement le débat sur la situation dans les prisons françaises pour la CGT pénitentiaire. «Depuis plusieurs mois, les prisons françaises sont le lieu de violences extrêmes. Malgré l'investissement des personnels, sans cesse en alerte, ne rechignant pas à la tâche malgré des conditions de travail détestables, la sécurité n'est plus assurée dans la plupart des prisons», a dénoncé le syndicat dans un communiqué.

«Il y a urgence: des mesures concrètes doivent être immédiatement déployées», a ajouté la CGT pénitentiaire, qui «exige du ministère des moyens supplémentaires immédiats en termes notamment de personnels», l%u2019une des principales revendications de l%u2019automne dernier.

Selon l'Ufap-Unsa de Lannemezan, il manque «au moins onze surveillants» dans la prison sécuritaire de cette ville.