Guadeloupe: le gouvernement cherche une solution, Yves Jégo est «optimiste»

NEGOCIATIONS Les collectivités locales se disent prêtes à faire un geste pour aider l'Etat et le patronat à sortir de «l'impasse»...

Avec agence

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Le ton monte aux Antilles françaises après près de quatre semaines de grève générale contre "la vie chère", alors que les négociations sont dans l'impasse et que le gouvernement a promis de faire respecter "l'Etat de droit"
Le ton monte aux Antilles françaises après près de quatre semaines de grève générale contre "la vie chère", alors que les négociations sont dans l'impasse et que le gouvernement a promis de faire respecter "l'Etat de droit" — Julien Tack AFP

Gouvernement cherche solution pour résoudre le problème des bas salaires en Guadeloupe, idées bienvenues. Seule condition: qu'elle soit plus simple que celle qui a été proposée jusqu'ici par les médiateurs pour parvenir à une hausse proche de 200 euros des bas salaires en Guadeloupe, selon une source gouvernementale. L'objectif est de mettre au point cette solution avant la reprise des négociations, mercredi, entre le patronat local et le collectif LKP, a-t-on ajouté.

Les deux médiateurs nommés par le gouvernement ont proposé le versement par les entreprises d'une prime exceptionnelle exonérée de charges sociales et d'un complément venant du RSA et de la prime pour l'emploi, tenant compte de la situation familiale du foyer. Le leader du collectif Elie Domota avait tout simplement qualifié dimanche cette proposition de «véritable usine à gaz».

Pendant ce temps-là, Yves Jégo, lui, reste zen: «Il y a sur la table, entre les mains des médiateurs, je crois tout ce qu'il faut pour arriver à un bon accord». Lors du «Talk Orange-Le Figaro», il a ainsi confié: «Les discussions vont reprendre mercredi. C'est compliqué, c'est difficile, mais je reste très optimiste».

La région et le département veulent s'impliquer

Alors que la Guadeloupe est entrée dans sa sixième semaine de grève générale et que les négociations entre l’Etat, le patronat et le collectif syndical LKP se poursuivent, la région et le département ont offert ce mardi de contribuer financièrement à l'augmentation des bas salaires pour aider à sortir de «l'impasse».

Les deux collectivités amèneraient «une contribution financière conjointe de 50 euros par mois sur une durée de 12 mois non reconductible», selon ce courrier remis lundi soir au patronat et aux syndicats par les deux présidents socialistes, Victorin Lurel (région) et Jacques Gillot (département). L'objectif est de «contribuer, avec l’Etat et le patronat, au financement de l’augmentation des salaires compris entre 1 et 1,4 Smic».

Sauf que les négociations se sont interrompues lundi soir dans un climat très tendu. Selon des sources gouvernementales, la préfecture a dû «exfiltrer» Gillot et Lurel, conviés par le LKP à participer à la réunion de négociations avant d'être empêchés de sortir par des militants.

Soumis à l’approbation des syndicats

En cas d'accord, précise la lettre, «le conseil général et le conseil régional procéderont en conséquence au recyclage des enveloppes financières exceptionnelles initialement consacrées à l'aide aux foyers les plus défavorisés de la Guadeloupe».

Les deux élus PS se disent «conscients que le conflit est aujourd’hui dans une impasse». Ils soulignent que leur proposition «devra être acceptée par l’ensemble des partenaires sociaux».