Le procès d'Yvan Colonna en cale sèche

Bastien Bonnefous

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Brouillard toujours persistant sur le procès Colonna. Audience express hier devant la cour d'assises spéciale de Paris. Les débats ont été renvoyés en quelques minutes à cet après-midi pour permettre à l'ensemble des parties d'examiner le supplément d'information ordonné ce week-end sur les propos surprises de Didier Vinolas, ancien proche du préfet Erignac. Problème, cette mini-instruction - que 20 Minutes s'est procurée - censée faire la lumière, obscurcit un peu plus encore les débats.

Entendu vendredi, Michel Poirson, présenté par Vinolas comme son informateur mystère, affirme n'avoir « jamais parlé » avec lui de l'affaire Erignac. Encore moins lui avoir donné deux noms de suspects qui n'auraient jamais été inquiétés. « Ces deux noms ne me disent rien et cela me paraît complètement saugrenu », explique cet ancien policier de la Direction centrale des RG. Reconnaissant avoir rencontré « de façon fortuite » Vinolas, il affirme que l'ancien secrétaire général adjoint de la préfecture d'Ajaccio l'a « bassiné » avec le dossier Erignac. « Ce qu'il déclare est faux », affirme Poirson, se disant « atterré ». Il indique aussi ne pas avoir rencontré, à la demande de Vinolas, le haut magistrat Yves Bot, proche de Sarkozy, pour parler de l'affaire. « Ce nom ne me dit rien du tout », déclare-t-il. Problème, déposant lundi dernier devant la cour d'assises, Bot avait reconnu avoir rencontré « X ». Aveu réitéré devant les magistrats du supplément d'information : « Ce nom correspond en effet à mon souvenir », a déclaré Bot à propos de Poirson. Enfin, les deux noms de suspects qui ont filtré dans la presse ce week-end - Paul L. et Jean-Pierre V. - ne sont pas ceux en réalité donnés « en phonétique » par Didier Vinolas aux magistrats - Erik A. et Michel A. Le premier aurait été entendu comme témoin dans le dossier, mais aucun n'aurait été « exploité », selon la défense de Colonna. ■