Le tribunal affiche complet pour ses débuts

À Toulouse, Béatrice Colin

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Sans incident, ni surprise. Prévu pour débuter à 14 h, le procès de la catastrophe AZF a finalement commencé avec un peu plus d'une heure de retard, dans une ambiance sereine. Il aura juste fallu attendre que l'ensemble des victimes puisse pénétrer dans l'enceinte du tribunal. Si seules « 295 ont émargé », le nombre de parties civiles, qui atteignait 1 813 en fin de semaine dernière, dépassait les 2 000 en fin de journée hier.

Au final « personne n'est resté dehors », s'est félicité Gilbert Cousteaux, premier vice-président du tribunal de grande instance de Toulouse en charge de l'organisation du procès qui reprendra demain. Deux cents personnes ont même pu grossir les rangs du public. Parmi elles, de simples spectateurs, mais aussi d'anciens salariés qui ne se sont pas constitués directement parties civiles, ou encore des proches des victimes. « Le début a été un peu long, mais c'était prévisible. J'avais imaginé une situation encore plus difficile », a enchaîné le procureur de la République, Michel Valet. D'ailleurs comme il n'y a pas eu d'incident de séance, aucune audience n'est prévue aujourd'hui. « Compte tenu du nombre de personnes touchées nous craignions d'avoir une salle trop petite. Mais elle s'est révélée adaptée », précise-t-il. Dès l'ouverture de l'audience, le président, Thomas Le Monnyer, a précisé qu'il ne ferait « aucune distinction entre les victimes, je veillerai à faire respecter chaque intervenant ». Car c'est bien l'un des enjeux de ce procès, toutes les hypothèses seront passées au crible, de l'accident chimique retenu par l'accusation à l'attentat en passant par la thèse de l'arc électrique. Serge Biechlin, ex-directeur de l'usine et seul mis en examen en qualité de personne physique, était arrivé plus tôt dans la journée. Il a pris place au premier rang, aux côtés du directeur général de la SA Grande Paroisse, mise en examen en tant que personne morale. Il est resté droit à l'énoncé du nom des personnes décédées lors de l'explosion et des nombreuses victimes. Un moment « très pénible » selon son avocat, Daniel Soulez-Larivière, qui a annoncé qu'il demanderait la relaxe. D'ici à sa plaidoirie prévue pour juin, il faudra entendre près de 200 témoins et quelque 30 experts cités par les diverses parties. ■