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Une cinquantaine de personnes ont participé, hier matin, à une marche silencieuse « pour la justice ». A l'initiative du comité de défense des victimes AZF, ce cortège est parti de la stèle commémorative du 21 septembre pour rallier le tribunal installé salle Jean-Mermoz, à côté du Stadium. « Mon appartement de la route d'Espagne a explosé, on a mis du contreplaqué sur mes fenêtres et je me suis retrouvée dans le noir. Je suis rentrée dans la cellule de crise, car il fallait que je m'active, que je quitte tous les jours cet appartement inhabitable », se souvient Jeanne Guinle-Bordenave. Sans colère, elle tenait à « être là en mémoire des gens qui nous ont quittés, ceux dont la vie a été gâchée. Pour savoir aussi ce qui s'est passé et, surtout, pour que cela ne se reproduise plus. » Les manifestants portaient un brassard violet où l'on pouvait lire « Victimes d'AZF ». Réunis devant le tribunal, les anciens salariés avaient, eux, décidé de porter une casquette blanche où était écrit « La vérité ». « C'est le début de la fin du mensonge, nous l'espérons. Nous souhaitons que le tribunal fasse preuve de discernement pour constater que la thèse officielle [l'accident chimique] est une fable », explique Michel Bouchardy, responsable de la commission « vérité » de l'association AZF-Mémoire et Solidarité et ancien salarié. ■