Un médicament le rend accro au jeu, il réclame réparation

SANTE Un Nîmois de 60 ans a présenté un effet indésirable rare d'un traitement anti-parkinsonien...

Julien Ménielle

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Le casino d'Enghien propose des machines à sous dont les mises commençent à 2 centimes d’euro.
Le casino d'Enghien propose des machines à sous dont les mises commençent à 2 centimes d’euro. — S.ORTOLA/20 MINUTES

Un flambeur nîmois veut récupérer sa mise. L'homme, âgé de 60 ans, accuse son médicament contre la maladie de Parkinson de l'avoir rendu accro aux jeux d'argent. Selon le «Parisien», il a donc saisi la commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) pour obtenir réparation. Selon son fils, il aurait dépensé plus de 10.000 euros en six mois.

Un effet indésirable rare

L'affaire n'est pas une première, puisqu'en 2007 un autre patient avait réussi à faire reconnaître la responsabilité du laboratoire pharmaceutique et de son médecin après avoir perdu 160.000 euros au jeu en 18 mois. Pour l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), le phénomène est effectivement bien connu.

«C'est un effet indésirable rare, qui concerne toute cette classe de médicaments (les agonistes dopaminergiques, ndlr)», explique à 20minutes.fr une porte-parole de l'agence. Depuis sa commercialisation, les cas rapportés concernent en effet entre un patient traité sur 1.000 et un patient sur 10.000. «Cependant, en 2006, un travail a été mené à ce sujet au niveau européen», annonce la porte-parole.

Addiction au jeu et hypersexualité

Des informations ont donc été ajoutées sur la notice du médicament, avec une information aux médecins. «Nous travaillons actuellement à une communication plus large destinée aux patients et à leurs accompagnants», assure l'agence. Le message devra permettre d'identifier les premiers signes afin d'éviter que la situation ne dégénère.

«C'est la dopamine qui est en cause», explique la porte-parole de l'Afssaps. Cette hormone est connue pour avoir des effets psychiatriques et des troubles du comportement proches des états maniaques. «On peut donc en effet observer des addictions au jeu, mais aussi une hypersexualité.» Le sexagénaire nîmois ne s'est aucunement plaint à ce sujet.