Un député UMP condamné pour outrage à magistrat

JUSTICE Damien Meslot avait traité un procureur de la République de «gaucho de merde»...

NB avec agence

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Le député UMP Damien Meslot au deuxième plan, derrière Nicolas Sarkozy, le 27 janvier 2006 à Belfort.
Le député UMP Damien Meslot au deuxième plan, derrière Nicolas Sarkozy, le 27 janvier 2006 à Belfort. — WITT/SIPA

La prochaine fois, il tournera peut-être sept fois sa langue dans sa bouche. Le député UMP de Belfort, Damien Meslot, a été condamné ce vendredi à Montbéliard (Doubs) à 700 euros d'amende avec sursis et à un euro de dommage et intérêt pour avoir traité un procureur de «gaucho de merde».

«Je fais appel de ce jugement et je continuerai ce jugement jusqu'au bout pour que justice me soit rendue», a déclaré le député, qui a été reconnu coupable d'outrage à magistrat par le tribunal correctionnel de Montbéliard.

«Procureur de gauche»


Lors de l'audience du 16 janvier, il avait nié avoir traité le procureur de la République de Belfort, Bernard Lebeau, de «gaucho de merde», ne reconnaissant que les termes de «procureur de gauche».

Selon un policier venu apporter une convocation à sa permanence en mars 2007 (celle-ci était à l'origine destinée à Jean-Marie Herzog, le président départemental de l’UMP du Territoire de Belfort, auquel la justice reprochait d'avoir publié des éléments d'un dossier d’instruction dans un tract, ndlr), Damien Meslot aurait déclaré: «ce gaucho de merde de procureur nous fait chier».

Plusieurs plaintes pour diffamation

Après l'incident, le procureur Bernard Lebeau avait porté plainte pour outrage et s'était constitué partie civile, réclamant un euro symbolique.

Le procureur du tribunal de Montbéliard, Jean-Martin Jaeglé, avait requis contre le député 3.000 euros d'amende en soulignant qu'«un procureur de la République n'est ni de droite, ni de gauche, il applique la loi».

Dans un communiqué, Damien Meslot rappelle qu'il fait l'objet de huit plaintes pour diffamation ou outrage, qu'il considère comme de l'«acharnement» politique. Il estime que «la décision d'aujourd'hui est inique» et qu'il a été «condamné pour des paroles (qu'il n'a) pas prononcées».