Le médecin: une espèce menacée?

SANTE Une étude montre que leur nombre pourrait chuter de 10% en 10 ans...

J.M. avec agence

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Réfutant l'idée que les virus puissent être "endormis" par le froid, le Directeur général de la Santé Didier Houssin a notamment souligné qu'il était encore temps de se faire vacciner contre la grippe. Un geste "très important" pour les personnes âgées et les personnels de santé.
Réfutant l'idée que les virus puissent être "endormis" par le froid, le Directeur général de la Santé Didier Houssin a notamment souligné qu'il était encore temps de se faire vacciner contre la grippe. Un geste "très important" pour les personnes âgées et les personnels de santé. — Alix Guigon AFP

Le médecin pourrait bien devenir une espèce en voie de disparition. Leur nombre devrait en tout cas chuter de 10% dans les dix années qui viennent, selon le scénario le plus probable d'une étude statistique du gouvernement (Drees) publiée ce vendredi.

Les spécialistes menacés

Le rapport conclut en effet que, si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de médecins libéraux en activité passera à 188.000 en 2019, contre 208.000 actuellement. Le phénomène concernerait davantage les spécialistes que les généralistes, avec de grands écarts selon les spécialités.

>>> Le rapport en pdf, c'est par ici

Les plus menacés seraient les médecins du travail, les rééducateurs, les ophtalmologues, les dermatologues et les rhumatologues. Et ce n'est qu'en 2030 que les effectifs pourraient de nouveau atteindre un niveau comparable à ce qu'on observe à l'heure actuelle, avec 206.000 actifs. Entre temps, la population aura cependant augmenté de 10%, selon l'étude.

Modification du paysage médical

La désertification médicale risque donc fort de rester d'actualité. L'étude prévoit cependant que les disparités pourraient être modifiées. Ainsi le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées, aujourd'hui bien pourvus, pourraient bien voir leur situation s'inverser.

A l'inverse, Le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine, la Basse-Normandie et les Pays-de Loire, actuellement sous-médicalisées verraient leur sort s'améliorer. Jackpot pour le Poitou-Charentes, le Limousin et l'Aquitaine, qui passeraient d'une sous-population médicale à une situation bien meilleure que la moyenne.