Cortège étudiant haut en colère

François Burkard

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Cercueil de l'université porté par de jeunes gens tout de noir vêtus, marche funèbre jouée par une fanfare, seringues ensanglantées plantées dans le dos d'étudiants en médecine, têtes de mort sur les banderoles... Malgré ces funèbres attributs, la manifestation parisienne contre les réformes de l'enseignement supérieur, hier, gardait un petit air de fête. Peut-être grâce au soleil et à une mobilisation toujours forte (30 000 manifestants selon les organisateurs, 15 000 selon la police), surtout de la part des étudiants, qui ont égayé la manif de quelques olas. Les enseignants-chercheurs semblaient parfois réduits au rôle de spectateurs, attendris par cette démonstration de solidarité.

Si l'on observait moins d'étudiants de province que la semaine passée, pour cause de vacances, le PS était cette fois-ci représenté par Bertrand Monthubert, ancien président de l'association Sauvons la recherche, et Benoît Hamon : « On sacrifie la recherche sur l'autel de l'austérité budgétaire. Le décret Pécresse, il faut l'enterrer, et remettre sur la table la loi LRU. Ces réformes sont uniquement productivistes, comme les classements internationaux à l'aune desquels on veut juger la recherche française. C'est complètement vain, comme le prouve le prix Nobel de physique, attribué en 2007 à Albert Fert. » ■