Le procès suspendu

Bastien Bonnefous

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Le bras de fer continue entre la cour d'assises spéciale de Paris et la défense d'Yvan Colonna. Les magistrats, qui jugent en appel le berger de Cargèse pour l'assassinat du préfet Erignac, ont ordonné hier un supplément d'information sur les révélations de Didier Vinolas, ancien collaborateur du préfet. Le procès est donc suspendu jusqu'à lundi. Une décision dénoncée aussitôt comme « a minima » par les avocats de Colonna.

La cour intime de mener de nouvelles investigations afin d'identifier X, le policier de la Direction générale des Renseignements généraux qui aurait fourni à Vinolas en 2002 les noms de deux suspects jamais inquiétés. Devra aussi être entendu Yves Bot, ex-procureur de Paris, alerté par Vinolas. En revanche, ni Christian Lambert, ancien chef du Raid, ni Jacques Nodin, ex-sous-préfet de Corte, également approchés par Vinolas, ne sont visés. Surtout, la cour ne demande pas l'audition des deux suspects.

De quoi crisper la défense d'Yvan Colonna, qui devait déposer hier une requête en récusation du président de la cour, Didier Wacogne. « C'est de la foutaise, s'est emporté Me Antoine Sollacaro. Ces magistrats sont déloyaux, ce procès, une machination. » « On essaie de refermer le couvercle de ce qui ressemble à une affaire d'Etat », a renchéri son confrère, Gilles Simeoni. Si lundi, les deux hommes mystères n'ont pas été entendus, « nous repartirons à l'attaque », a prévenu Patrick Maisonneuve. Espérons surtout qu'une fois leurs noms révélés, ils ne décideront pas de « prendre du recul », comme Yvan Colonna, en fuite pendant quatre ans avant d'être arrêté. ■