Sarkozy pourrait payer cher son retard

Service France

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Il aura fallu vingt-neuf jours de grève et une troisième nuit d'émeutes pour que le Président sorte d'un silence dénoncé par l'opposition et les syndicats de métropole comme des Antilles. Hier, à l'issue d'une réunion avec les élus d'outre-mer, Nicolas Sarkozy a proposé une série de mesures pour sortir de la crise. Mais il les a conditionnées à un retour au calme, dénonçant l'assassinat d'un syndicaliste du LKP, tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi.

Le chef de l'Etat a proposé de se rendre en Guadeloupe en avril pour ouvrir des états généraux de l'outre-mer, une « consultation jamais réalisée ». Mais seulement « une fois le calme revenu » dans l'île. Plusieurs thèmes seront abordés : « la formation des prix, les circuits de distribution et le pouvoir d'achat », « les productions locales », « la gouvernance », « les chantiers de la relance et les grands projets », ainsi que « la rénovation du dialogue social ». Ces consultations devraient nourrir, « avant la fin mai », la première réunion du Conseil interministériel de l'outre-mer, qui déboucherait sur l'adoption d'« un vaste plan de modernisation ». D'ici là, pour améliorer le pouvoir d'achat des DOM, Nicolas Sarkozy a promis un « effort supplémentaire » de l'Etat de 580 millions d'euros, dont 280 millions pour la mise en place du revenu de solidarité active. Cette somme financera une exonération de taxes sur toutes les augmentations de salaire. Le Président s'est aussi engagé à définir une liste de produits dont les prix devraient se rapprocher de ceux pratiqués en métropole.

En promettant de consulter les DOM, il compte aborder toutes sortes de sujets. Même les plus sensibles. Malgré cela, sur place, le compte n'y est pas et surtout, ces propositions arrivent trop tard (lire ci-dessous). ■