Les négociations ont repris... Besancenot est arrivé à Pointe-à-Pitre

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20minutes.fr (avec agence)

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Un couple regarde l'intervention de Nicolas Sarkozy sur RFO depuis Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le jeudi 19 février 2009.
Un couple regarde l'intervention de Nicolas Sarkozy sur RFO depuis Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le jeudi 19 février 2009. — REUTERS/Gilles Petit

Après avoir reçu à l'Elysée 26 présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d'Outre-mer, Nicolas Sarkozy a présenté ses solutions jeudi soir. Si ses propositions sont jugée «floues» par le LKP, son leader, Eli Domota, annonce la reprise des négociations vendredi, après une semaine d’interruption.

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22h: Besancenot est arrivé à Pointe-à-PItre
Lle leader du NPA a affirmé qu'il était venu en Guadeloupe pour «prendre la mesure de ce qui se passait». «Je ne suis pas là pour donner la bonne parole, je suis là pour soutenir: je respecterai les décisions des organisations guadeloupéennes» a-t-il assuré dans d'une courte déclaration à la presse. «C'est aux profiteurs de payer l'augmentation des salaires, c'est pas aux contribuables», a estimé Olivier Besancenot. Au sujet du LKP, il a affirmé que «la seule sortie honorable de ce conflit, c'est qu'ils obtiennent satisfaction, c'est à dire les 200 euros».

21h: Reprise des négociations
Les négociations entre le collectif LKP, le patronat et l'Etat ont repris vendredi après-midi vers 16h00 (21H00 à Paris) en Guadeloupe. Les discussions se sont engagées à la capitainerie du port autonome de la Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre. 14 personnes, dont le préfet Nicolas Desforges, arrivé de Basse-Terre en hélicoptère, et les médiateurs envoyés par le gouvernement, devaient se retrouver autour de la table avec Elie Domota, porte-parole du LKP. Ce dernier a été accueilli à l'entrée de la capitainerie par le préfet. La délégation de syndicalistes, entourée de plusieurs centaines de militants, était arrivée en chantant en créole «la Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe, c'est pas à eux les profiteurs». Au coeur de la négociation: la hausse de 200 euros pour les bas salaires réclamée par le LKP.

20h10: Yves Jégo reste confiant
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer assure sur France O qu'«il y a matière dans les propositions» des médiateurs «à avancer» pour la question des bas salaires en Guadeloupe. Il a demandé au patronat de «préciser quel est le montant de son intervention». «Depuis le début j'ai dit qu'il faut que le patronat formate une offre d'augmentation de salaire, là où c'est possible», a-t-il dit. Yves Jégo afait «appel à la responsabilité de ces hommes et de ces femmes, du patronat, du syndicat, parce que l'avenir de la Guadeloupe dépend d'eux maintenant». Le secrétaire d'Etat, qui a participé dans l'après-midi à Matignon à une réunion de ministres sur l'Outre-mer, a évoqué la possibilité d'une «deuxième loi», «si besoin», pour résoudre «les problèmes structurels» des Outre-mers, après le projet de loi de développement économique qui va être examiné en urgence le 1er mars au Sénat.

19h20: Manif de soutien à l'OUtre-mer à Bordeaux
Entre 200 manifestants, selon la police, et «300 à 400», selon les organisateurs, se sont rassemblés vendredi à Bordeaux pour exprimer leur «solidarité» avec les départements d'Outre-mer (DOM). «Nous voulons exprimer notre soutien par rapport aux événements qui se passent en Guadeloupe contre la vie chère», a indiqué Frédéric Saül, porte-parole du Comité Antilles Conscience 97 (CAC 97), un «collectif initialement composé de citoyens originaires des DOM résidant actuellement dans l'Hexagone», créé le 12 février.

17h46: Yves Jégo peut se faire «hara kiri»
Questionnée sur les propos du secrétaire d'Etat Yves Jégo, qui s'est interrogé jeudi sur la nécessité de maintenir la fonction gouvernementale qu'il occupe, la députée de Guyane Christiane Taubira (PRG) répond sur RMC et BFM TV: «C'est pas mal qu'il se fasse hara kiri,» estime-t-elle. «Si un secrétaire d'Etat à l'Outre-mer comme M. Jego qui, en se rendant sur place, se rend compte de la situation et des scandales qui perdurent depuis très longtemps, pose des mots sur ces scandales et fait même des menaces, déclare que l'Etat va porter plainte parce qu'il constate des pratiques délictueuses, et qu'il est obligé de manger son chapeau quatre jours après, c'est vrai qu'on se demande à quoi sert le secrétariat à l'Outre-mer, ajoute-t-elle. Dans les arbitrages interministériels, il n'est pas très puissant le secrétariat à l'Outre-mer.»

17h26: Le maintien d'un secrétariat d'Etat à l'Outre-mer «pourra être évoqué»
Le Premier ministre affirme que le maintien d'un secrétariat d'Etat à l'Outre-mer «pourra être évoqué» à l'occasion des états généraux qui se tiendront en mai prochain et qui ont été annoncés jeudi par le président Nicolas Sarkozy. Pour François Fillon, il n'est cependant «pas question de modifier les structures» gouvernementales en charge de l'Outre-mer d'ici la tenue de ces états généraux. «Il n'y aucune raison d'y répondre de manière hâtive», précise-t-il. «Chacun comprend que nous avons besoin d'un ministère qui coordonne les politiques et qui soit l'interlocuteur privilégié, en particulier des élus de l'Outre-mer», ajoute-t-il, en soulignant «le caractère spécifique des problèmes de l'Outre-mer». «A chaque époque s'est posée la question de la manière de mieux associer l'ensemble des membres du gouvernement aux questions touchant l'Outre-mer. C'est l'objectif du conseil qui a été créé, mais ça ne résout pas la question du dialogue qui doit être permanent entre le gouvernement et les territoires et les départements d'Outre-mer», conclut-il.

17h: La loi d'orientation sera modifiée «avec les acteurs locaux»
C'est ce qu'assure François Fillon, à l'issue de la première réunion du conseil interministériel de l'Outre-mer qui s'est tenue à Matignon. Le Premier ministre déclare qu'il recevra «jeudi prochain» avec la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et son secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, «l'ensemble des élus des quatre départements pour discuter avec eux des amendements que nous allons apporter ensemble au projet initial», à l'issue de la première réunion du conseil interministériel de l'Outre-mer qui s'est tenue à Matignon. «Le calendrier d'examen par le Parlement ne sera pas modifié pour qu'il n'y ait aucun retard à l'adoption de ce texte» a précisé François Fillon alors que le projet de loi doit être présenté au Sénat le 10 mars.

16h: Quelques magasins lèvent le rideau à Pointe-à-Pitre

A la marina de Gosier (Grande Terre, à l'ouest de Pointe-à-Pitre), une marchande de souvenirs du «Quai des îles» a rouvert sa boutique «parce que je sentais que je pouvais le faire», a-t-elle expliqué à l'AFP. Un maraîcher ambulant, Rémy Kichenasany, a été littéralement pris d'assaut par des touristes et des habitués. Autre signe de frémissement: un hôtel qui fonctionnait au ralenti, avec deux salariés, a vu arriver vendredi matin trois femmes de ménage et un jardinier. La camionnette de blanchisserie est venu y prendre le linge sale. Un autre hôtel a vu arriver tout son personnel, empêché de venir depuis mardi.

15h20: Jean-Christophe Cambadélis s'étonne de que Nicolas Sarkozy ne soit pas déjà en Guadeloupe
Le secrétaire national du PS aux relations internationales affirme sur RMC qu'il ne comprend pas pourquoi le président de la République qui doit aller en Guadeloupe en avril «n'a pas décidé d'aller immédiatement sur place rencontrer le LKP». «Ç'aurait été un geste fort, au-delà du discours», a-t-il estimé. «Il se passe des événements en Géorgie. Deux heures plus tard, Nicolas Sarkozy est sur place. Là, il y a un mort, une situation qui dure depuis 20 jours, il n'a pas fait le déplacement», a-t-il observé.

14h10: Le PS appelle à participer aux manifestations de soutien samedi
Dans un communiqué, le PS juge qu'«après les annonces du président de la République» jeudi, «rien ne serait pire que de susciter l'espoir sans en proposer les moyens durables». «C'est pourquoi, il est nécessaire de se mobiliser aujourd'hui en solidarité avec les habitants des départements d'outre-mer», conlut le communiqué, appelant à participer aux «rassemblements de solidarité avec les outre-mers organisés à l'initiative des associations de domiens», prévus ce week-end. Harlem Désir, secrétaire national du PS chargé de la coordination, et Benoît Hamon, porte-parole, seront notamment présents au rassemblement samedi à 14h, place de la République à Paris.

14h: Les syndicats métropolitains circonspects sur les annonces de Sarkozy

La CGT, FO et la CFTC ne sont pas convaincues. Dans un communiqué, la CGT juge l'intervention présidentielle, qu'elle réclamait avec insistance, «bien tardive». Selon le syndicats,«la plupart des annonces» de Nicolas Sarkozy «ne sont pas des nouveautés: elles ramènent le curseur aux dernières négociations avant que le secrétaire d'Etat aux DOM-TOM (Yves Jégo) ne quitte précipitamment la Guadeloupe pour rejoindre Paris». «(...) Les travailleurs et la population guadeloupéenne (...) ne se nourriront pas de mots», ajoute la centrale de Bernard Thibault qui «confirme son appel à participer aux initiatives et manifestations prévues dans plusieurs villes de l'Hexagone» samedi. Pour Force ouvrière, «les annonces du président de la République sur l'Outre-mer constituent une étape dont les responsables syndicaux antillais auront à estimer si elles sont de nature à satisfaire les revendications». Enfin, la CFTC «soutient les demandes des salariés d’Outre-mer et de leurs familles, en particulier concernant le pouvoir d'achat, en commençant par une revalorisation des salaires».

11h00: La politique économique du gouvernement est trop à gauche pour l'ancienne ministre de l'Outre-mer de Raffarin
Brigitte Girardin déplore la «remise en cause d'outils de développement efficaces» mis en place dans sa loi-programme de 2003. Elle reproche au gouvernement d'avoir plafonné la défiscalisation «plus fortement encore que ne l'avait fait Bercy du temps de la gauche», et d'avoir voulu faire «150 millions d'euros d'économies sur les exonérations de charges sociales des entreprises».

10h00: Une nuit «beaucoup plus calme»
La cellule de crise de la préfecture a observé une «très forte diminution des interventions des pompiers» et en a dénombré 17, contre 40 la nuit précédente. «Il n'y a eu aucun magasin pillé ou incendié», selon la cellule de crise. Les forces de l'ordre ont procédé à trois interpellations, dont «la plus notable» a été effectuée à Gosier après «des tirs sur les forces de l'ordre»: «Une personne cagoulée qui circulait sur un scooter a pu être interpellée».

9h30: Jégo reste «très prudent» sur la possibilité d'un accord
«Aujourd'hui il y a un geste de bonne volonté» de la part de l'Etat, mais «depuis le début, je dis que si on n'a pas un accord des syndicats et du patronat, on n'y arrivera pas», a-t-il déclaré sur Canal+. «Le point dur, je l'ai dit depuis le début, ça ne m'a pas fait que des amis, c'était le patronat, qui considérait que tous les efforts salariaux qu'il devait faire devait être compensé à 100% par l'Etat», a poursuivi Jégo. «C'est ça qui bloquait» et le montage proposé avec le RSA adapté à l'outre-mer «permet de demander au patronat de payer sa part».

9h00: Victorin Lurel dénonce «la racialisation du conflit»
«Je n'aime pas la racialisation du conflit. Même si Elie Domota s'en défend, et c'est à son honneur, on voit les comportements: on brûle spécifiquement certaines entreprises appartenant aux blancs», a expliqué sur Europe 1 le président PS du Conseil régional. «Je n'aime pas ça chez moi. Ma Guadeloupe est plus accueillante et plus tolérante que ça», a-t-il souligné, regrettant «le dolorisme pratiqué depuis quelques temps»: «Quand cela tombe dans l'esprit enfiévré de quelques-uns, on ne sait pas ce que cela peut donner».

Réagissant à un projet de création d'une collectivité unique par département d'outre-mer (DOM), Lurel a demandé l'organisation d'un référendum sur le sujet en décembre dans l'île. «Il faut une sorte de consultation de type référendaire le plus tôt possible. J'ai demandé décembre, il faudrait le faire avant les élections régionales de 2010».

3h15 Le forcené retranché interpellé
Le forcené armé, qui était retranché jeudi en fin de journée avec sa compagne dans un appartement à Pointe-à-Pitre, a finalement été interpellé par les policiers du GIPN. Contrairement aux premières informations, leur enfant ne se trouvait pas dans l'appartement au moment où il avait pris sa compagne en otage.

0h30 Reprise des négociations vendredi
Elie Domota, le leader du LKP qui mène la grève depuis un mois en Guadeloupe, annonce la reprise des négociations avec le gouvernement dès vendredi. Il qualifie cependant de «floues» les propositions de Nicolas Sarkozy annoncées quelques heures plus tôt. «Demain, nous débuterons les négociations à 15h00 toujours dans le même esprit, celui de trouver des solutions sur la base du document que nous avions négocié ensemble dans la nuit du 7 au 8 février». Interrogé sur la poursuite ou non des barrages routiers, il n'a pas répondu et n'a pas appelé à la reprise du travail. Les négociations officielles étaient interrompues depuis une semaine.

0h05 Un forcené retranché
Un forcené armé est retranché avec sa femme et son enfant dans un appartement à Pointe-à-Pitre. Depuis 23h30 (18h30 aux Antilles), les policiers du GIPN sont sur place «sécuriser» le quartier et le «déloger», selon la préfecture de Guadeloupe. Les faits se déroulent dans le quartier du Lauricisque. Un photographe de l'AFP a constaté que la zone était bouclée par une vingtaine de policiers.
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