Rama Yade et Raymond Soubie montent au créneau

OUTRE-MER La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme a reconnu qu'il y avait un lourd malaise en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion. Prudence, a ajouté le conseiller social de Nicolas Sarkozy...

Avec agence

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La situation de l'adoption internationale en France a connu un mieux en 2008, avec 104 enfants adoptés de plus, alors que partent fin janvier huit nouveaux jeunes "Volontaires" dans les pays d'adoption, une initiative de Rama Yade pour aider les démarches des familles.
La situation de l'adoption internationale en France a connu un mieux en 2008, avec 104 enfants adoptés de plus, alors que partent fin janvier huit nouveaux jeunes "Volontaires" dans les pays d'adoption, une initiative de Rama Yade pour aider les démarches des familles. — Martin Bureau AFP

Alors que le blocage continue en Outre-mer, plusieurs personnalités politiques françaises ont réagi dimanche. Notamment Raymond Soubie, conseiller social du président Sarkozy, et Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme.

Interrogée dans l'émission Dimanche+ sur Canal+, celle-ci a déclaré qu'«on ne peut pas avoir une société à deux vitesses» en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion.

«C'est vrai que là-bas il y a un lourd malaise dû à la cherté de la vie, au niveau du pouvoir d'achat, et, au-delà, à un problème de répartition des richesses», a déclaré Rama Yade, à propos du mouvement de grève générale aux Antilles.

Un avis partagé par Raymond Soubie, qui a averti qu'une hausse trop forte des salaires en Guadeloupe ferait augmenter le chômage et diminuer les revenus. «Mettre une charge trop importante, de manière instantanée sur les entreprises, pourrait faire basculer totalement l'économie de l'île et donc déboucher sur plus de chômage et sur moins de revenus», a-t-il dit, lors de l'émission Dimanche Soir Politique France-Inter-Le Monde-iTélé.

Selon lui, «l'Etat a fait tout ce qu'il devait faire, comme d'ailleurs les collectivités locales (...) Le reste, les négociations salariales, est une affaire entre le patronat et les syndicats».

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Concernant les revendications «raciales» lancées en Guadeloupe à l'égard de la minorité blanche, notamment la communauté des békés, la secrétaire d'Etat a estimé qu’«il n'y a de tensions de type, disons culturelles, que parce qu'aussi il y a un contexte social qui exacerbe ce genre de tensions».

Selon elle, le président Nicolas Sarkozy «n'a pas attendu cette crise sociale qui agite aujourd'hui la Guadeloupe pour réagir» en lançant la création d'un comité interministériel. «Je rappelle qu'avant même cette crise, un projet de loi sur le développement économique avait été adopté en Conseil des ministres et sera présenté au Parlement le 10 mars prochain».

Ce texte «va bien au-delà, finalement, de la crise sociale ponctuelle que nous connaissons et due aux conséquences de la crise financière, et qui va saisir la réalité de tous les problèmes qui touchent finalement la Guadeloupe et l'outre-mer», a ajouté Rama Yade.

A la question de savoir si le gouvernement pourrait mettre sur la table plus d'1,4 milliard d'euros pour des mesures sociales, Raymond Soubie a répondu que «c'est à discuter».