Les avocats de Colonna déposent plainte

JUSTICE Une plainte contre X «pour entrave à la manifestation de la vérité»...

Avec agence

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Les révélations d'un ancien collaborateur du préfet Erignac, laissant entendre que deux de ses meurtriers présumés seraient toujours dans la nature, provoquent une onde de choc et l'incertitude quant à la poursuite à partir de lundi du procès en appel d'Yvan Colonna.
Les révélations d'un ancien collaborateur du préfet Erignac, laissant entendre que deux de ses meurtriers présumés seraient toujours dans la nature, provoquent une onde de choc et l'incertitude quant à la poursuite à partir de lundi du procès en appel d'Yvan Colonna. — Pierre Verdy AFP

C’est désormais officiel. L’un des avocats d'Yvan Colonna, Me Antoine Sollacaro, a annoncé qu'il allait déposer lundi une plainte contre X «pour entrave à la manifestation de la vérité», après qu'un ex-collaborateur du préfet Erignac a fait référence vendredi à des éléments non versés au dossier.

Didier Vinolas, ancien secrétaire général du préfet de Corse Claude Erignac, en poste en 1998 lors de son assassinat, a fait vendredi soir des révélations devant les magistrats chargés de juger l'assassin présumé du préfet.

>>> Retrouvez notre dossier sur le procès en appel d'Yvan Colonna en cliquant ici.

«Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet», a-t-il affirmé, précisant avoir transmis dès 2002 à la justice «deux noms» qu'il tenait d'une source «tout à fait respectable».

«Ce qui est grave, c'est que des policiers, des magistrats, ont mis sous le coude des éléments à décharge pour Yvan Colonna. Cela s'appelle une entrave à la manifestation de la vérité. Par conséquent, nous n'avons pas d'autres choix que de déposer plainte contre X car une telle entrave constitue un délit», a déclaré à la presse Me Sollacaro.

Il a ajouté qu'«à (son) sens, le président (de la cour d'assises d'appel spéciale, Didier, ndlr) Wacogne ne peut peut plus siéger», car il aurait reçu une lettre de ce haut fonctionnaire qu'il «affirme ne pas avoir ouverte et dont il n'a pas fait état à la défense».

Selon un autre avocat, Me Pascal Garbarini, le nouvel élément intervenu vendredi «devrait conduire à la remise en liberté d'Yvan Colonna détenu depuis juillet 2003».

Concernant la demande d'un supplément d'information, qui aboutirait à la suspension du procès, Me Sollacaro a indiqué qu'«évidemment elle serait déposée, mais qui va mener cette enquête?». «Ce qui s'est passé démontre l'implication des autorités policières et judiciaires (...) pour passer délibérément sous silence des éléments à décharge» pour M. Colonna, a-t-il dénoncé.

«Nous attendons d'ici lundi des justifications sur ce qui s'est passé, sinon comment voudriez-vous que l'on continue de participer à cette mascarade avec des magistrats faussaires»", a martelé Me Sollacaro.

Ce témoignage de M. Vinolas «valide la thèse qui est la nôtre depuis le début, à savoir qu'Yvan Colonna a été jeté en pâture à la justice car il fallait trouver un coupable et que toutes les autres pistes ont été systématiquement écartées, dissimulées», a fait valoir un autre avocat, Me Gilles Simeoni.