Procès Colonna: 2 suspects peut-être encore en liberté

JUSTICE Un témoin au procès en appel d'Yvan Colonna, a affirmé vendredi soir...

avec agence

— 

Un témoin au procès en appel d'Yvan Colonna, commissaire de police en détachement qui fut haut fonctionnaire en Corse, a affirmé vendredi soir que deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 étaient "peut-être" en liberté.
Un témoin au procès en appel d'Yvan Colonna, commissaire de police en détachement qui fut haut fonctionnaire en Corse, a affirmé vendredi soir que deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 étaient "peut-être" en liberté. — Bertrand Guay AFP/Archives

Un témoin au procès en appel d'Yvan Colonna, commissaire de police en détachement qui fut haut fonctionnaire en Corse, a affirmé vendredi soir que deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 étaient «peut-être en liberté».

«Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet (...). Ca m'est insupportable», a déclaré Didier Vinolas, ancien secrétaire général de Claude Erignac à la préfecture d'Ajaccio, se présentant aujourd'hui comme «directeur de projet» à la Ville de Paris.

«"X", une personne tout à fait respectable»

Vinolas a affirmé tenir ces «deux noms» (qu'il a refusé de révéler) d'un mystérieux informateur depuis septembre 2002, et les avoir transmis quelques jours plus tard au procureur Yves Bot, qui s'apprêtait alors à prendre la tête du parquet de Paris avant de devenir en 2005 procureur général.

L'informateur, qu'il a baptisé «X», «une personne tout à fait respectable», a ajouté M. Vinolas, lui a présenté les deux hommes «comme faisant partie de la sphère» à l'origine de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud) en septembre 1997, une des premières actions revendiquées par le groupe nationaliste dit des «anonymes».

«Risque de laisser condamner innocent»

Puisque l'assassinat du préfet le 6 février 1998 a aussi été signé de ce groupe (qui s'est servi d'une arme volée à Pietrosella), «je me dis qu'il y a peut-être d'autres personnes ayant participé à l'assassinat» qui n'ont jamais été arrêtées, a poursuivi le commissaire divisionnaire en détachement.

Déjà témoin au premier procès de Colonna fin 2007, il n'avait jamais évoqué cette hypothèse, mais s'est décidé à en parler en appel pour «aider les magistrats à forger leur intime conviction», a-t-il ajouté, parlant aussi du «risque de laisser condamner innocent».

«C'est le premier fait extraordinaire de cette audience», a déclaré Me Gilles Siméoni, un des avocats d'Yvan Colonna, après la déposition de Vinolas. Les avocats de demanderont dès lundi à la cour d'assises spéciale de Paris un supplément d'information susceptible de provoquer le renvoi du procès en appel.


>>> Retrouvez notre dossier sur le procès en appel d'Yvan Colonna en cliquant ici.

Dans sa déposition, l'ancien collaborateur de Claude Erignac a déclaré que l'ex sous-préfet de Corte Jacques Nodin détenait depuis 2001 des informations nouvelles sur Pietrosella. «Il souhaiterait être entendu», a-t-il précisé. Il a dit avoir aussi transmis les noms de deux suspects en février 2004 à Christian Lambert, ancien chef du RAID (à l'origine de l'arrestation de Colonna) et plus récemment à Charles-Antoine Erignac, le fils du préfet.

«Je suis totalement stupéfait», a commenté Me Philippe Lemaire, avocat de la veuve et deux enfants Erignac. «Pourquoi dire ça aujourd'hui, dix ans après?», a demandé l'un des avocats généraux, Christophe Teissier.