Joute verbale entre la défense et le ministère public au procès Colonna

JUSTICE Un avocat général et les défenseurs du berger de Cargèse ont échangé des mots doux à l'occasion d'un débat sur un problème de procédure...

J.M. avec agence

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Yvan Colonna s'en est pris vigoureusement à Nicolas Sarkozy, mardi au deuxième jour de son procès en appel, accusant le président de la République d'avoir fait "pression" sur la procédure en le présentant d'emblée comme "coupable" de l'assassinat du préfet Erignac en 1998.
Yvan Colonna s'en est pris vigoureusement à Nicolas Sarkozy, mardi au deuxième jour de son procès en appel, accusant le président de la République d'avoir fait "pression" sur la procédure en le présentant d'emblée comme "coupable" de l'assassinat du préfet Erignac en 1998. — Benoit Peyrucq AFP

Ça se corse au tribunal. Un débat sur un incident de procédure a dégénéré ce vendredi à la mi-journée au procès en appel d'Yvan Colonna. Les avocats de la défense ont exigé «des excuses» après que le ministère public les a accusés d'afficher «une volonté de vendetta» sur les témoins à venir.

«Votre mise en cause est scandaleuse, je n'exerce pas de vendetta à l'égard des témoins, je vais saisir le bâtonnier de Paris», s'est insurgé Patrick Maisonneuve, l'un des défenseurs du berger corse, provoquant une nouvelle suspension. Une colère partagée, hors audience, par son confrère Antoine Sollacaro.

Un expert «piétiné»

Tout est parti de la comparution jeudi soir d'un nouvel expert en balistique cité par la défense, alors que le balisticien agréé du dossier, celui ayant participé à la reconstitution de l'assassinat, faisait de nouveau faux bond à la cour.

La défense a reproché au ministère public et aux parties civiles d'avoir «piétiné», «disqualifié» cet expert non agréé par les tribunaux en «se précipitant pour l'interroger» sur ses compétences avant même d'avoir entendu sa déposition spontanée. Patrick Maisonneuve y a vu une violation de l'article 331 du code de procédure pénale, demandant à la cour de lui en «donner acte». Ce qui pourrait se révéler être utile à la défense de Colonna en cas de pourvoi en cassation.

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Au cours du débat qui a suivi, l'avocat a affirmé que désormais la défense «se réserv(ait) la possibilité» de demander à chaque témoin de l'accusation, «notamment les fonctionnaires de police», de décliner son CV, «son parcours professionnel, les dossiers qu'il a traités». Une attitude qualifiée de «volonté de vendetta affichée» par Christophe Teissier, l'un des avocats généraux au procès.