Des cours de français pour immigrés, chez eux

Laure de Charette

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Coup de pouce ou moyen de rétention ? Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a présenté hier une circulaire mettant en place des cours de français obligatoires - et gratuits - dès le pays d'origine pour certains candidats à l'immigration en France. Les conjoints étrangers de Français ou des membres de la famille d'un immigré sollicitant un regroupement familial - soit environ 35 000 personnes - sont concernés : ils devront subir un test afin de déterminer leur maîtrise du français et des « valeurs de la République », c'est-à-dire répondre à des questions telles que : « En France, une jeune femme peut-elle travailler sans l'autorisation de son mari ? »

Seuls ceux ayant un niveau jugé insuffisant devront prendre des cours dans leur pays. Ils ne devraient être que 8 500 en 2009. Peu importe le niveau atteint, en réalité seule devrait compter l'assiduité aux 40 heures de cours imposées. La France est le premier pays d'Europe à mettre en place ce dispositif, d'après l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem). L'Allemagne et les Pays-Bas font aussi passer un test dans le pays d'origine avant l'obtention du visa, mais celui-ci est payant, et en cas d'échec, le candidat doit se former seul et à ses propres frais. Pour Eric Besson, ces évaluations et la formation ne sont « pas un obstacle » à l'immigration. « Il s'agit d'anticiper le parcours d'intégration de ces personnes, afin qu'une fois en France, elles puissent rapidement trouver un logement et un emploi », insiste son ministère. Loin d'eux l'idée d'essayer de retenir à la source certains candidats, disent-ils.

En fait, la nouveauté consiste à conditionner l'obtention du visa au suivi de ces cours dès le pays d'origine. Actuellement, tous les candidats à l'immigration légale majeurs et non européens doivent, une fois arrivés dans l'Hexagone avec un premier titre de séjour en poche, visionner un film intitulé Vivre en France, suivre une formation de trente minutes sur les valeurs de la République et subir une épreuve de langue à l'oral. ■