Les 39 propositions d'Yves Jégo pour «sortir de la crise»

MARTINIQUE Il propose des baisses de prix mais, comme en Guadeloupe, refuse des hausses de salaires imposées par le gouvernement...

avec AFP

— 

Les négociations pour sortir du blocage en Guadeloupe et en Martinique sont apparues au point mort jeudi, tandis qu'à la Réunion, un Collectif appelait à son tour à la grève générale.
Les négociations pour sortir du blocage en Guadeloupe et en Martinique sont apparues au point mort jeudi, tandis qu'à la Réunion, un Collectif appelait à son tour à la grève générale. — Thomas Coex AFP

Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a proposé jeudi soir aux syndicats martiniquais 39 propositions pour sortir l'île, en grève générale depuis huit jours, de «la crise sérieuse» qu'elle traverse.

 

Après avoir consulté le collectif intersyndical «du 5 février, les élus et le patronat», il a présenté à la presse «les réponses de l'Etat» et notamment une baisse «immédiate» des prix du carburant de 8 centimes pour l'essence et de 10 centimes pour le gasoil.

 

Il a confirmé la baisse de 20% «avant la fin du mois de février» de 100 produits de première nécessité, comme l'avait obtenu le collectif mardi lors de négociations en préfecture.

Autre mesure «pour répondre aux attentes en matière de pouvoir d'achat»: le versement d'une prime exceptionnelle de 200 euros «dès le mois d'avril» aux 50.000 foyers martiniquais aux plus bas revenus, soit une enveloppe de 10 millions d'euros.

 

En revanche concernant une augmentation de tous les bas salaires réclamée par le collectif, Yves Jégo a renvoyé la balle aux partenaires sociaux. Cette même revendication cruciale bloque toujours les négociations en Guadeloupe. «Ce n'est pas l'Etat qui finance les salaires», a-t-il répété.

 
«Mouiller la chemise»
 

Le collectif n'avait pas fait connaître jeudi soir son appréciation des propositions faites par le ministre. Les négociations reprendront vendredi matin, a indiqué la préfecture.

 

Alors que certains commentateurs le disent affaibli par sa convocation lundi à Matignon par le Premier ministre François Fillon, Yves Jégo a fermement défendu son travail. «J'essaie de mouiller ma chemise», a-t-il affirmé apportant pour preuve les «500.000 km parcourus» depuis sa nomination en mars.

 

Enfin, concernant la Guadeloupe, on indique de sources proches du dossier que le Medef devait envoyer un émissaire auprès du patronat local pour tenter de dégager des «propositions» dans les 48 heures et «espérer» ainsi une sortie de crise en fin de semaine.

 

Le ministre ne s'est pas directement exprimé sur la rupture jeudi des négociations entre le collectif Lyiannaj kont pwofitasyon (LKP), à l'origine de la grève générale affectant la Guadeloupe depuis le 20 janvier, et les deux médiateurs désignés mardi par François Fillon.