Nouvelle opération anti-drogue dans un collège du Sud-Ouest

GENDARMERIE Une centaine d'élèves a été contrôlée à la descente du bus, devant leur établissement...

J.M. avec agence

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Carte de localisation d’Arthez-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques) après un nouveau contrôle anti-drogue dans un collège, le 10 février 2009.
Carte de localisation d’Arthez-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques) après un nouveau contrôle anti-drogue dans un collège, le 10 février 2009. — Idé

Deux mois après des opérations de gendarmerie dans des collèges du Gers, on apprend ce mercredi qu'un établissement des Pyrénées-Atlantiques a fait l'objet d'une nouvelle intervention musclée. «Musclée», un terme réfuté par la gendarmerie nationale qui évoque cinq gendarmes et une équipe cynophile.

Aux alentours de 8h, mardi, les collégiens ont en effet eu la surprise d'être accueillis au saut du bus par des gendarmes et leurs chiens. Une centaine d'élèves au total a été contrôlée, et leurs cartables reniflés par les animaux.

Chou blanc

Une simple «action de prévention et de sensibilisation anti-drogue», selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, qui précise à 20minutes.fr ne pas être associée à l'opération. «Les gendarmes ont agi sur réquisition du procureur de la République de Pau», explique une porte-parole.

Comme en décembre 2008, les parents des élèves du collège Corisande-d’Andoins à Arthez de Béarn ont été profondément choqués par la méthode. Le syndicat national des enseignants du second degré (Snes) a de son côté dénoncé des procédés inadmissibles. D'autant que, comme lors des précédentes interventions, aucune substance illicite n'a été trouvée.

«Violence symbolique»

«Nous sommes contre la pratique», explique Erwan David, secrétaire départemental du Snes, à 20minutes.fr. L'enseignant déplore «l'absence totale de pédagogie» et craint que l'opération «ne fasse naître un sentiment de culpabilité chez les enfants s'ils sont un jour confrontés à la drogue, ce qui les empêcherait d'en parler». Quant à la méthode, «c'est de la violence symbolique, les élèves de 6ème, qui n'ont que onze ans, ont été très choqués», rapporte-t-il.

De son côté, la gendarmerie évacue le débat. Interrogé sur France Info, le lieutenant-colonel Portet rappelle que «ce type de contrôle pour lutter contre le trafic de stupéfiants s’inscrit dans un plan de prévention» et que «l’objectif est de protéger les enfants contre les dangers de tous les types de drogue et notamment aux abords des établissements scolaires». En décembre dernier, Xavier Darcos avait jugé les méthodes «tout à fait impromptues», il n'a pas réagi pour le moment.

>>> Des uniformes et des chiens renifleurs devant les collèges, ça vous choque? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.