Kitesurf économe, borne à chewing-gum et baguette vertueuse... Nos initiatives préférées de la semaine

RATTRAPAGE Comment ça, on ne parle que des trains qui arrivent en retard? Voici sept initiatives en avance sur leur temps repérées par la rédaction de 20 Minutes cette semaine

Laurent Bainier

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L'aile de kitesurf imaginée par Fabrice Jolivet.
L'aile de kitesurf imaginée par Fabrice Jolivet. — Maloric

On ne nage pas encore tout à fait dans le bonheur, mais ces sept nouvelles repêchées dans notre flot d’actualité nous font entrevoir des jours meilleurs. Et si vous voulez recevoir d’autres bonnes nouvelles dans votre boîte mail tous les mercredis, inscrivez-vous. Ca ne prend que quelques secondes…

Une aile de kite pour réduire la pollution des bateaux de pêche

Ils sont plusieurs un peu partout dans le monde à travailler sur le sujet : la création de voiles qui tracteraient les bateaux à moteur pour réduire leur impact. A Bordeaux, Fabrice Jolivet, ancien ingénieur d’Airbus et de Bombardier, bûche ainsi sur une aile de kitesurf adaptée aux chalutiers. L’objectif est de leur permettre de réduire de 20 % leur consommation de carburant et donc la pollution en mer.

Le prototype va être testé d’ici l’été prochain en conditions réelles avant une possible mise sur le marché en 2022. Pour l’instant, l’ingénieur ne parle pas de prix d’achat mais plutôt d’un système locatif. L’idée est que les pêcheurs reversent chaque mois la moitié des économies qu’ils auront faites en carburant à Maloric la société de Fabrice Jolivet.

La « nageoire de baleine » qui peut dompter la houle

Pour les gros tankers, la voile de kite ne suffira pas. Mais ce n’est pas une raison pour renoncer à réduire leur impact. L’Ifremer et la start-up bretonne Blue Fins travaillent sur un système utilisant la force de la houle pour économiser du carburant sur ces très gros bateaux. Accrochée à l’arrière des immenses pétroliers et méthaniers, leur invention qui ressemble à une nageoire de baleine d’environ 25 mètres de long et 10 mètres de large s’actionne lorsque la mer ondule et que le navire se met en mouvement.

« J’ai présenté mon idée à l’Ifremer en 2018. A l’époque, je pensais récupérer l’énergie de la houle pour la transformer en électricité. Mais c’est un marché très concurrentiel donc on a opté pour un système de propulsion généré par les mouvements de la mer », explique Olivier Giusti, fondateur de Blue Fin. Créée en fin d’année, sa start-up vient de nouer un partenariat avec un gros industriel dont le nom restera secret. Un premier prototype à taille réelle pourrait voir le jour en 2023.

Ils créent des bornes de collecte pour les chewing-gums

Elle est rose, comme le bout de gomme qui ne restera plus accroché au bitume pendant une éternité. La borne de collecte de la société KeeNat ressemble beaucoup à celle que l’entreprise girondine a l’habitude de fabriquer pour recueillir les mégots. Mais elle est destinée à recevoir un autre type de déchets : les chewing-gums. « Une gomme met entre trois et dix ans à se dégrader et même 25 ans dans les mers et les océans, explique la directrice générale associée de KeeNat Sandrine Poilpré. Les chewing-gums représentent aussi plus de 100.000 tonnes de la pollution plastique dans les mers et les océans »

L’entreprise a dispatché une vingtaine de bornes sur quatre communes de la métropole bordelaise. D’ici le mois de juin, elle espère aussi pouvoir lancer son atelier de recyclage. « C’est la deuxième étape après la collecte. Il faut réussir à les recycler. On a déjà plusieurs pistes comme en faire des semelles de chaussures ou encore utiliser ce plastique dans les équipements sportifs. »

Des emballages de baguette contre les violences conjugales

Et si des baguettes de pain permettaient de lutter contre les violences sexistes et sexuelles ? En novembre, la mairie de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) avait décidé d’imprimer des messages de prévention des violences au sein du couple sur des emballages de baguette distribués dans les boulangeries de la ville. Le collectif #NousToutes a décidé d’aller plus loin en créant une cagnotte pour que la démarche se fasse au niveau national.

« La baguette, ce produit du quotidien peut se convertir en un instrument utile pour toucher les femmes victimes de violences, même les plus isolées, et sensibiliser plus largement la population », explique le collectif. L’emballage présente un « violentomètre », un outil de prévention qui permet d’évaluer le degré de violence dans une relation à partir d’exemples concrets du quotidien et, sur son autre face, des numéros utiles à destination des personnes victimes de violences.

Un club de village se mobilise pour une enfant polyhandicapée

Bonningues-lès-Ardres, 648 habitants entre Calais et Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. Un village avec deux routes, une église et un club de foot. Il n’en fallait pas plus pour initier un élan de solidarité autour de Victoire, 6 ans, une enfant du village souffrant d’un handicap très invalidant. Pour pouvoir entrer dans la voiture qui l’emmène faire ses soins, la petite fille a besoin d’un fauteuil adapté qui coûte 30.000 euros. Largement au-dessus des moyens de la famille malgré les aides.

Pour leur venir en aide, le club du village a dans un premier temps décidé d’organiser un match de gala. Mais en raison de la crise sanitaire, il n’a pu avoir lieu. Les joueurs ne se sont pas découragés. Ils ont ouvert dans la foulée une cagnotte en ligne et ont tracté autour d’eux pour assurer son succès. Près de 20.000 euros ont ainsi pu être récoltés. « Plus de 400 personnes [634 à l’heure où nous écrivons] ont donné, y compris le maire et un député européen. A ce rythme, la famille de Victoire devrait pouvoir acheter rapidement un véhicule adapté », espère l’un des footballeurs à l’origine du projet.

Electrique et sans bruit, le bateau qui nous fait planer

C'est un petit catamaran électrique d’une place, qui donne l’impression de voler au-dessus de l’eau. Une fois que l’Overboat a « décollé », seuls ses quatre foils et ses jambes restent à l’eau. La coque, elle, se soulève. Cette invention de la start-up montpelliéraine Neocean est équipée d’un moteur électrique, n’émet ainsi strictement aucune pollution, et ne fait même aucun bruit, respectant ainsi la faune marine, constamment perturbée par le passage d’engins motorisés. « La coque n’étant pas dans l’eau, on ne laisse même pas de sillage derrière nous, nous n’avons aucun impact sur le milieu marin, relève Vincent Dufour, le fondateur de Neocean. Lorsque vous êtes sur l’Overboat, vous avez une sensation de liberté incroyable, mais aussi une sensation de respect. De la mer, et d’autrui. »

L’engouement du « made in France » fait revenir une filature de lin

On termine cette sélection avec une bonne nouvelle pour l’industrie textile française et pour la planète. En 2005, la dernière filature de lin Française fermait ses portes, délocalisant sa production en Pologne. Cette usine appartenait à Safilin, une très ancienne entreprise familiale basée à Sailly-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais. Seize ans plus tard, porté par l’engouement des Français pour les productions tricolores, la même entreprise s’apprête à ouvrir une unité de filature dans les Hauts-de-France.

L’idée de Safilin est de proposer du 100 % français haut de gamme, « du champ au produit fini ». « Il s’agit d’une offre additionnelle au fil polonais. On ajoute une corde à notre arc pour répondre à la demande grandissante de consommer local, durable et traçable », explique la directrice du pôle marques, Alix Pollet. Il est vrai qu’en termes d’écologie, la filière lin est une hérésie : 80 % de la production de lin mondiale se situe entre la Normandie et les Pays Bas alors que 80 % de la capacité de filature est assurée en Asie. Le lancement se fera en deux phases pour, à l’horizon 2024, atteindre une production de 350 tonnes annuelles et l’embauche de 50 ouvriers.