Chansons livrées, ballon d'essai, SPA végétale... Nos initiatives préférées de la semaine

RATTRAPAGE Comment ça, on ne parle que des trains qui arrivent en retard? Voici sept initiatives en avance sur leur temps repérées par la rédaction de 20 Minutes cette semaine

Laurent Bainier
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Le bateau de l'expédition Flipflopi a été construit avec des déchets plastiques ramassés sur les plages.
Le bateau de l'expédition Flipflopi a été construit avec des déchets plastiques ramassés sur les plages. — The Flipflopi

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A Toulouse, on livre les chansons à domicile

A défaut de pouvoir ouvrir au public, la salle de concerts Le Bijou, à Toulouse, vient de lancer « Delivreznoo ». Ce service de livraisons de chansons à domicile propose aux Toulousains contre quelques euros de recevoir un chanteur dans leur salon. Ainsi, la semaine dernière, Valentin Vander et Davy kilembe se sont invités dans les salons de 22 Toulousains pour pousser la chansonnette. « L’idée est de faire en sorte que le public ne sache pas qui va se rendre chez eux, ça peut être des artistes émergents, à l’image de notre programmation habituelle. Et puis cela doit être une surprise », plaide Pascal Chauvet. Un concept qui a fait des petits puisque les artistes « Delivreznoo » vont aussi se livrer à domicile à Lautrec, dans le Tarn, ou encore à Perpignan.

Il lance la première « SPA » pour les plantes

Pépiniériste, Nicolas Talliu a ouvert à Lyon la première « société protectrice des végétaux » pour récupérer des plantes, mal en point, et leur redonner vie. « Il y a plusieurs possibilités. Soit, on part sur une prestation de soins et on redonne la plante à son propriétaire. Soit les gens veulent s’en débarrasser et la laissent ici », expose-t-il. Dans ce cas-là, les plantes, une fois requinquées, seront mises en vente. Derrière cette action, il y a une volonté de sensibilisation. « On observe, depuis quelques années, une frénésie pour les plantes. Les ventes flash se multiplient. C’est vraiment super mais peu de gens savent que les plantes achetées ont parfois fait deux fois le tour de la planète avant d’être vendues en France », expose-t-il. Et d’ajouter : « Ici, tout est local. »

Un jeu nantais pour que les ados comprennnent qu’ils peuvent dire non

Destiné aux filles et garçons à partir de 12 ans, le « Jeu de rôle du consentement » qui connaît un joli succès. Ses règles sont simples : un joueur pioche une carte sur laquelle est inscrite une question relative à la sexualité, la séduction ou la vie quotidienne (« On s’embrasse ? » « Tu viens boire un café avec moi ? », etc.). En face, un autre joueur lui répond de façon directe, ou pas. Grâce au vocabulaire employé, mais surtout à l’intonation ou au langage corporel, les adolescents doivent déterminer s’il y a « consentement » et ouvrir la discussion. « Ils arrivent souvent à la conclusion que si c’est peut-être, c’est en fait souvent non, observe Claire Vimont, 24 ans, la créatrice. Le consentement, c’est dans la sexualité mais aussi dans la vie de tous les jours. Il s’agit pourtant d’un thème très difficile à aborder. Maintenant que quelque chose se libère, qu’on commence à en parler, il faut des outils pour pouvoir le faire. »

E-Adapt, un outil pour « soulager soignants et patients »

L'application Lifextend se voulait un coach santé de poche. Son extension, E-Adapt pensé avec trois cliniques, ambitionne d’aller plus loin. En motivant les patients à faire leurs exercices de rééducation seuls chez eux sous la supervision d’un professionnel, le service lancé par Hervé Touré vise à réduire les rechutes. « Face aux files d’attente dans les cliniques, on a construit une solution pour soulager le personnel soignant, confie le sportif et entrepreneur lyonnais. Elle permet d’effectuer une extension de la rééducation à domicile. »

« C’est un précieux complément à notre activité, s’enthousiasme Loïc Bancilhon, directeur d’un établissement de soins de suite et de réadaptation. Lorsqu’ils terminent leur période d’hospitalisation, on ne laisse pas les patients sans suivi mais il n’y a plus de prise en charge de l’assurance maladie. Les gens sont alors sans solution, surtout avec l’arrêt des clubs sportifs en raison du Covid-19. » « Le Covid-19 a clairement été un accélérateur pour E-Adapt, insiste Hervé Touré. Mais la distanciation va rester très longtemps dans les mœurs, de même que la situation d’urgence dans le monde hospitalier. Cette solution peut donc humblement aider soignants et patients, quel que soit l’avenir. »

L’incroyable ascension de Vite mon marché

Il y a trois ans, Reynald, fils d’agriculteurs vendéens s’est donné comme mission de « ramener les bons produits de nos campagnes » dans nos assiettes. Avec son épouse et un associé, il a créé Vite mon marché, pour livrer en moins de trois heures des produits frais et locaux aux particuliers. L’entreprise connaît depuis un développement fulgurant et devrait s’installer très vite à Bordeaux et Toulouse puis tisser son maillage dans toute la France.

« On souhaite créer un immense marché des producteurs français. Chaque offre des différentes villes va venir compléter l’offre de chaque plateforme logistique. Du jambon de Bayonne et des vins de Bordeaux seront par exemple vendus à Nantes. Cela viendra compléter l’offre, mais ne viendra pas en concurrence avec l’offre déjà existante. On veut créer un marché de Talensac x 1.000 ! »

Le lac Victoria sur un bateau en plastique recyclé

C’est une drôle d’embarcation, à la coque bariolée, sur laquelle vont naviguer Louise Bosser, Elian Perrot et Loïc Forques, de l’agence audiovisuelle toulousaine Umber. Du 4 au 30 mars, ces trois jeunes originaires de la Ville rose vont parcourir le lac Victoria, en Afrique, sur un bateau construit essentiellement à partir de déchets plastiques. Ils iront à la rencontre des habitants, des écoliers, des chefs d’entreprise pour plaider en faveur de solutions positives afin de réduire le plastique et promouvoir une économie circulaire. « Nous voulons mettre la pression sur les décideurs politiques, souligne Louise Bosser. Nous n’attendons pas que leur gouvernement agisse mais montrer qu’il y a des personnes qui prennent le sujet en main et susciter le débat ». L’expédition compte 21 escales et 895 kilomètres de navigation.

Et si on s’envolait en aérosail jusqu’en Corse ?

Depuis 2003, Stéphane Rousson, « bricoleur autoentrepreneur » de 52 ans, travaille sur des projets de ballons dirigeables. Depuis 2003, il rêve de concrétiser ses projets en s’envoyant en l’air jusqu’en Corse grâce à son « voilier des airs », l’aérosail, un ballon avec une toile de voilier en forme arrondie, gonflée à l’hélium, qui ne se dirige qu’à l’aide du vent et d’un élément relié en mer. En dix-huit ans, l’inventeur a eu l’occasion de faire trois vols d’essai pour faire évoluer son engin. « A chaque fois, je rajoute une ou deux inconnues pour minimiser les risques mais continuer d’avancer sur le projet. En avril, un vol de démonstration en ligne droite pourrait le faire avancer d’une étape et propulser la traversée en 2022. Le Niçois lance alors un appel aux dons pour réaliser cette expérimentation. La cagnotte pour participer au projet du voilier des airs est ouverte jusqu’au 1er avril. « Dans le monde de l’aventure, le principal c’est d’être capable de prendre le départ », cite Stéphane Rousson la tête dans les nuages.

Voilà, c’est tout pour cette semaine. On vous laisse nager dans le bonheur. A la semaine prochaine