Yvan Colonna: Le procès de la dernière chance pour le berger corse

REPORTAGE Son procès en appel s'est ouvert ce lundi...

Bastien Bonnefous

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AFPTV

Il y avait au moins une différence, lundi, avec le procès en première instance de la fin 2007: un pigeon s’est invité à l’audience, juché au plafond au-dessus de la cour d’assises spéciale. Cheveux ras, pull noir, Yvan Colonna ne s’y est pas intéressé, comparaissant en appel pour l’assassinat du préfet Erignac à Ajaccio, le 6 février 1998. C’est le procès de la dernière chance pour le berger de Cargèse, condamné à la perpétuité à l’issue des premiers débats.

Lundi, comme à son habitude, il s’est montré taiseux, écoutant calmement l'appel de la centaine de témoins et le planning des audiences jusqu’au verdict, prévu le 13 mars. Alors que Dominique Erignac, la veuve du préfet, l’avait exhorté vendredi à «avouer», l’accusé n’a fait aucune déclaration, se contentant de livrer son état-civil au président de la cour: «Né le 17 avril 1960 à Ajaccio, éleveur caprin.»

La culpabilité, ça ne se décrète pas, ça se démontre

A l’extérieur du tribunal, sa famille et ses avocats sont, en revanche, montés au créneau. «La culpabilité, ça ne se décrète pas, ça se démontre, [Yvan] est déterminé à faire valoir son innocence», a déclaré sa sœur, Christine.

>>> Les grandes dates du premier procès Colonna, c'est par ici.

Patrick Maisonneuve, nouvel arrivé parmi les conseils de l’accusé et fin connaisseur des dossiers corses a, lui, estimé que «c’est un nouveau procès» qui s’ouvre. «Yvan Colonna a été déclaré coupable dès 1999 par les plus hautes autorités de l’Etat. Reste maintenant à reprendre le dossier», a-t-il ajouté. Pas de preuves matérielles - ni écoutes téléphoniques, ni ADN, ni témoins visuels - Yvan Colonna doit en grande partie sa condamnation aux aveux des membres du commando Erignac. Ils l’ont accusé d’être le tireur, lors de leur arrestation en 1999, avant de le dédouaner, en vain, un an et demi plus tard.