Pas de révision du procès de la Josacine empoisonnée

JUSTICE Une deuxième demande a été rejetée par la commission de révision de la Cour de cassation...

A. G. (avec agence)

— 

La Commission de révision des condamnations pénales a rejeté lundi la demande de révision de Jean-Marc Deperrois, condamné dans les années 1990 dans l'affaire de la Josacine empoisonnée et qui a toujours clamé son innocence.
La Commission de révision des condamnations pénales a rejeté lundi la demande de révision de Jean-Marc Deperrois, condamné dans les années 1990 dans l'affaire de la Josacine empoisonnée et qui a toujours clamé son innocence. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

La Josacine empoisonnée; quinze ans de rebondissements judiciaires dans une affaire criminelle qui a marqué la France. Lacommission de révision des condamnations pénales a rejeté ce lundi la demande de révision du procès de Jean-Marc Deperrois, condamné en 1997 à 20 ans de prison. Il s'agissait de la deuxième requête en révision déposée par ce chef d'entreprise afin de faire annuler sa condamnation.



Jean-Marc Deperrois, qui a toujours clamé son innocence, s'est refusé à tout commentaire. Son avocate a fait part de son «immense déception», avant de réaffirmer la présence de «faits nouveaux incontestables» susceptibles de permettre la réouverture du dossier.



Les magistrats de la Commission de révision ont cependant refusé de saisir la Cour de révision au motif «que les éléments fournis à l'appui de la requête en révision de Jean-Marc Deperrois ne permettent pas (...) de faire naître un doute sur la culpabilité du requérant», selon le texte de la décision.

Du cyanure dans la Josacine



Le 11 juin 1994, à Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime), Emilie Tanay, 9 ans, meurt empoisonnée après avoir absorbé du sirop de Josacine, un antibiotique pour enfant. Le drame se produit au domicile du couple Tocqueville, des amis de ses parents. Peu après, l'autopsie conclut à une intoxication au cyanure.



Le 27 juillet, Jean-Marc Deperrois, chef d'entreprise et adjoint au maire de Gruchet-le-Valasse, est mis en examen et écroué. Il est soupçonné d'avoir contaminé le flacon de Josacine, croyant qu'il était destiné au mari de Sylvie Tocqueville, sa maîtresse. Emilie n'aurait été que la victime collatérale d'un crime passionnel.

12 ans de réclusion criminelle



En mai 1997, le procès de Jean-Marc Deperrois se déroule devant la cour d'assises de Seine-Maritime. Malgré les multiples zones d'ombre de l'enquête, il est condamné à 20 ans de prison pour «empoisonnement avec préméditation». Selon les expertises, l'accusé détenait un cyanure similaire à celui retrouvé dans la Josacine, pour les besoins de son entreprise.



Incarcéré pendant douze ans, Jean-Marc Deperrois est sorti de prison en juin 2006, après avoir bénéficié d'une mesure de libération conditionnelle.