Les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation

SOCIAL Ils se réunissaient ce lundi pour décider ou non d'une nouvelle journée de grève...

Avec agence

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Tous les syndicats du pays, soutenus par l'opposition socialiste, appelaient les salariés des secteurs public et privé à une grève nationale et à des manifestations pour la défense des salaires et des services publics. Ils cherchaient à sanctionner dans la rue la politique économique du président, en particulier depuis le début de la crise économique.
Tous les syndicats du pays, soutenus par l'opposition socialiste, appelaient les salariés des secteurs public et privé à une grève nationale et à des manifestations pour la défense des salaires et des services publics. Ils cherchaient à sanctionner dans la rue la politique économique du président, en particulier depuis le début de la crise économique. — Bertrand Guay AFP

Ils ont tranché, ce sera à nouveau la grève. Les syndicats appellent les salariés français à une nouvelle journée d'action nationale le jeudi 19 mars, pour faire suite à la mobilisation du 29 janvier, ont indiqué les huit confédérations réunies lundi soir à Paris.

Pour tenter d'infléchir la politique gouvernementale sur le pouvoir d'achat et la lutte contre le chômage, les huit confédérations qui avaient appelé à la journée d'action du 29 janvier, marquée par des manifestations massives (entre un et 2,5 millions de personnes, selon les sources), s'étaient à nouveau réunies lundi, cette fois au siège du SNES-FSU.

«L'unité syndicale est essentielle»

François Chérèque, de la CFDT, avait jugé qu'une nouvelle journée d'action était possible «à la mi-mars», après les vacances scolaires. Comme tous ses homologues, Chérèque est soucieux de préserver l'union des syndicats, une des clés du succès de la journée du 29 janvier. «L'unité syndicale est essentielle. On voit bien qu'elle a obligé le chef de l'Etat et le gouvernement à prendre en compte les attentes des salariés», a-t-il ainsi expliqué dans «Libération».

Force ouvrière, la FSU et Solidaires semblaient également favorables à une nouvelle démonstration de force syndicale. Pour Jean-Claude Mailly (FO), attendre le déroulement du «sommet social» l'arme au pied «risqu d'être un peu court». Christian Mahieux (Solidaires) a souhaité que tous les syndicats donnent «une suite, la plus rapide possible» au 29 janvier.

«Maintenir la pression»

Pour les syndicats, il s'agit de «maintenir la pression». Tous regrettent la maigre allocution de Nicolas Sarkozy, jeudi dernier, qui n'a fait «aucune annonce immédiate et concrète», lors d’un rendez-vous pourtant intitulé «Face à la crise».

Nicolas Sarkozy a écarté un relèvement du SMIC et des charges salariales des entreprises, tout en lançant quelques «pistes»: suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, hausse des allocations familiales (il a notamment évoqué un «chèque emploi-service payé par l'Etat» «pour les personnes âgées qui vivent seules ou les mères de famille seules»). La réunion du 18 février à l'Elysée sera décisive sur tous ses points.

Réunions préparatoires sans la FSU, l'Unsa et Sud

En face, le gouvernement tente la conciliation et entamera ce mardi avec la CFDT et la CFTC ses entretiens pour préparer le sommet du 18 février. Seuls les numéros un des cinq confédérations dites représentatives seront reçus d’ici jeudi, ainsi que deux représentants du patronat (Medef et CGPME).

Ni la FSU, ni l'Unsa, ni Sud ne sont donc conviés. Toutes les rencontres se tiendront au ministère du Travail, rue de Grenelle, en présence de trois ministres(Christine Lagarde, Eric Woerth, Brice Hortefeux), du Haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, et du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez.