La réforme du système de santé entre attente et inquiétudes

ASSEMBLEE NATIONALE Le projet de loi qui s'y attaque arrive devant les députés mardi...

Julien Ménielle

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Nicolas Sarkozy s'est efforcé vendredi à Strasbourg d'apaiser le malaise du secteur hospitalier après une série de décès tragiques qui a relancé la polémique sur les moyens du secteur de santé, mais a exclu de débloquer de nouveaux fonds.
Nicolas Sarkozy s'est efforcé vendredi à Strasbourg d'apaiser le malaise du secteur hospitalier après une série de décès tragiques qui a relancé la polémique sur les moyens du secteur de santé, mais a exclu de débloquer de nouveaux fonds. — Vincent Kessler AFP

Le grand chantier de la réforme du système de santé français est lancé. L'examen du projet de loi «Hôpital, patients, santé et territoires» (HPST) débute ce mardi à l'Assemblée nationale. Si la réforme est jugée nécessaire, certains points inquiètent les professionnels. 20minutes.fr passe en revue les principales mesures et les craintes qu'elles suscitent.

Moderniser les hôpitaux
Le diagnostic
L'hôpital souffre davantage d'un manque d'organisation que d'un manque de moyens, comme l'a répété Nicolas Sarkozy à l'occasion de ses vœux aux personnels de santé.
Le traitement
Regrouper les hôpitaux, encourager la collaboration avec les cliniques privées et renforcer les pouvoirs des directeurs d'hôpitaux.
Les effets secondaires
Bruno Devergie, président du syndicat des praticiens des hôpitaux publics, confie à 20minutes.fr qu'il est pour «la recherche de complémentarité et la mutualisation des moyens». Il craint cependant que ne s'organise une véritable «casse de l'organisation médicale par spécialités» avec la volonté d'appliquer à l'hôpital «la logique d'un libéralisme économique dont on a vu par ailleurs toutes les dérives».

Faciliter l'accès aux soins
Le diagnostic
Il existe des zones de «déserts médicaux»
Le traitement
Déterminer le nombre de postes d'internes en fonction des besoins des régions, et dresser un schéma régional non obligatoire visant à mieux répartir les médecins libéraux sur le territoire «dans le respect de la liberté d'installation».
Les effets secondaires
«Parallèlement, en marge des négociations conventionnelles, l'Assurance maladie nous a proposé de mettre en place une taxe pour les médecins exerçant en zone considérée comme surdotée» explique Christian Jeambrun, président du syndicat des médecins libéraux, à 20minutes.fr. Les médecins craignent que les incitations prévues ne tournent aux mesures coercitives de ce type, à l'occasion des débats.

Coordonner l'organisation de la santé au niveau régional
Le diagnostic
Le système actuel est éclaté entre de trop nombreux acteurs, et est trop cloisonné.
Le traitement
Mettre en place les agences régionales de santé (ARS), centralisant les pouvoirs des Agences régionales de l'hospitalisation (ARH), des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) et des Unions régionales d'assurance-maladie.
Les effets secondaires
Les ARS devront à la fois gérer les hôpitaux, tous les médecins de ville, les maisons de retraite et tous les établissements médico-sociaux. Christian Jeambrun s'amuse: «A chaque fois qu'on pointe un problème, on nous répond "ne vous inquiétez pas, l'ARS s'occupera de ça"... Il va falloir qu'ils soient sacrément doués, les directeurs des ARS!» Les agences symbolisent le côté «fourre-tout» du projet de loi HPST, raillé par l'opposition.