Yves Jégo: «Il fallait venir à Paris pour faire entendre la voix de l'Outre-Mer»

OUTRE-MER Le secrétaire d'Etat justifie son retour et l'interruption des négociations sur place...

J.M. avec agence

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Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves Jégo, qui a quitté dimanche soir la Guadeloupe pour des consultations à Paris, a assuré lundi matin qu'il reviendrait dans quelques heures sur l'île avec "des solutions" pour tenter de mettre fin à la grève générale entamée le 20 janvier.
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves Jégo, qui a quitté dimanche soir la Guadeloupe pour des consultations à Paris, a assuré lundi matin qu'il reviendrait dans quelques heures sur l'île avec "des solutions" pour tenter de mettre fin à la grève générale entamée le 20 janvier. — Julien Tack AFP/Archives

Il n’est pas revenu pour rien. Une réunion de ministres aura lieu mardi matin sur la crise en Guadeloupe, vient d’expliquer Yves Jégo, l'auto-proclamé «ambassadeur des souffrances de la Guadeloupe», à l'issue d'une réunion avec François Fillon.

Il s'agit de «faire le point de la mise en oeuvre de ces mesures qui vont changer la vie des Guadeloupéens», mais aussi d'examiner le «point de blocage, c'est-à-dire le conflit de travail entre les salariés et les employeurs, puisque le dernier point qui bloque ne concerne pas l'Etat, c'est un conflit entre salariés et employeurs».

«J'ai présenté au Premier ministre les résultats de la semaine de travail», a ajouté le secrétaire d’Etat à l’Outre Mer, «les 132 mesures qui ont été approuvées pour régler le conflit en Guadeloupe. Nous sommes entrés dans le détail de ces mesures importantes pour la vie quotidienne des Guadeloupéens». La 133e et ultime mesure est un préaccord sur une augmentation des bas salaires, conclu dimanche matin entre le patronat et le comité LKP, le collectif qui mène la grève en Guadeloupe, qui paralyse l'île depuis 20 jours.

L'enjeu financier: 108 millions d'euros d'exonérations

La signature de ce document, selon les négociateurs, est soumise au feu vert de Matignon pour son financement. Pour compenser, l’Etat doit valider 108 millions d'euros d'exonérations demandées par les entreprises sur l'impôt sur les sociétés et la taxe professionnelle.

Jégo, dont le départ soudain de Pointe-à-Pitre, dimanche soir, a été très mal vécu sur place, espérait trouver à Paris des «solutions durables» au malaise de la Guadeloupe et de la Martinique, alors que la grève générale débutée le 20 janvier, s'intensifiait.

Ce départ était-il vraiment si urgent, alors que d'autres négociations l'attendaient dans la journée et que les moyens de communication semblent assez perfectionnés pour éviter un tel déplacement? «Ecoutez, Yves Jégo ne fait jamais les choses à moitié, dit l'un de ses lieutenants à 20minutes.fr. Et il fallait venir à Paris pour faire entendre la voix de l'Outre-Mer. Ce sont les mêmes qui lui reprochaient de s'être installé à Point-à-Pitre qui l'accusent aujourd'hui de déserter. Mais ce n'est qu'un aller-retour. Son cabinet est d'ailleurs resté en Guadeloupe.»

Arrivé lundi matin à Paris, le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer devait encontrer François Fillon à 15 heures avant de tenir une conférence de presse. Il a également conversé avec sa ministre de tutelle Michèle Alliot-Marie, à l'Intérieur, afin d'obtenir un arbitrage du pré-accord conclu sur place. «Il a obtenu des réponses à 132 des 133 revendications du LKP, explique un conseiller, et il faut les faire valider par Matignon, et c'est bien mieux de visu.»

Problème de communication

Reste que son départ imprévu fait désordre, il a provoqué l'indignation et l'incompréhension du côté des élus locaux et du LKP. Cet arbitrage au «plus haut niveau», s'il avait été expliqué, aurait été compris par les interlocuteurs d'Yves Jégo, estiment les élus locaux. D'autant que le secrétaire d'Etat avait assuré qu'il resterait sur place tant que les problèmes ne seraient pas résolus. Conséquence directe: le LKP, qui a parlé d'un «mépris total», a appelé à une quatrième semaine de grève générale.

Le secrétaire d'Etat a de son côté assuré que «tout le monde a été informé» et qu'«il n'y a aucune raison de s'affoler».

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