Colonna à nouveau devant les assises

Bastien Bonnefous

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Photo d'Yvan Colonna fournie par le ministère de l'Intérieur.
Photo d'Yvan Colonna fournie par le ministère de l'Intérieur. — AFP/Archives

Va-t-on revivre le même procès qu'il y a quinze mois? Yvan Colonna comparaît en appel ce lundi et pour cinq semaines devant la cour d'assises spéciale de Paris, pour l'assassinat du préfet Erignac à Bastia le 6 février 1998. Et comme en première instance, il devrait se présenter «déterminé à faire reconnaître son innocence», précise un de ses cinq avocats, Gilles Simeoni.

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Condamné à perpétuité en décembre 2007, Yvan Colonna a toujours nié toute participation au commando Erignac. Désigné comme le tireur par les autres membres du groupe nationaliste arrêtés en 1999, il avait fui dans le maquis corse pendant quatre ans, avant d'être repris en juillet 2003.

Un «homme d'honneur»

Lors du premier procès, la défense avait marqué des points en dénonçant les errements de l'enquête, marquée à l'époque par une guerre des polices. Mais ses efforts avaient été détruits par les témoignages à la barre des membres condamnés du commando et de leurs épouses. Tous avaient eu grande peine à expliquer pourquoi, après avoir chargé Colonna en 1999, ils l'avaient mis hors de cause en 2003. Les épouses, mal à l'aise, avaient bredouillé ne plus se souvenir de rien. Les membres du commando avaient, eux, assuré un service minimum de la rétractation.

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«Tu es un homme d'honneur, si tu avais participé à cette action, tu l'aurais revendiquée. Par conséquent, je confirme que tu ne faisais pas partie du groupe», avait lancé Alain Ferrandi à Yvan Colonna. Une phrase à double sens qui avait pesé lourd dans le verdict. Vendredi, Dominique Erignac, la veuve du préfet, a demandé à Colonna d'avoir «le courage d'avouer». Comme en première instance. Bis repetita.