Le rêve d'une vision européenne des réseaux

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En matière de transports, il n'y a pas que la billétique qui soit fragmentée. « A vrai dire, il n'existe pas réellement de vision à l'échelle nationale, ni même européenne, des réseaux de transport », déplorent Nathalie Leclerc et François Gigot, organisateurs du premier colloque sur l'intermodalité en Europe, Intermodes, jeudi dernier à Bruxelles.

L'intermodalité consiste à faciliter les déplacements en transports en commun, en limitant au maximum les correspondances entre les différents modes (métro, tram, train, voiture, vélo...) ou en améliorant l'information voyageurs et la billétique. La finalité étant de proposer un « voyage sans couture », alors que 40 % des Européens renoncent à prendre les transports en commun, dès lors qu'il y a une correspondance. En France, l'intermodalité en est à ses balbutiements. La SNCF réfléchit bien à la création d'une gare-test, en matière d'informations et de correspondances entre différents modes de transport. Sous la pression du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), elle a certes demandé aux bus de sa filiale Keolis d'attendre, dans certaines gares de la grande couronne, le dernier train de banlieue le soir, même s'il est en retard, mais les initiatives restent très isolées.

Intermodes a toutefois récompensé la région Lorraine et le Luxembourg pour la création, au début de l'année, du schéma stratégique de mobilité transfrontalière (Smot), « un exemple unique à travers l'Europe », selon Nathalie Leclerc. Les deux collectivités ont mutualisé leurs moyens afin de simplifier la billétique, construire des parkings-relais et expérimenter des lignes régionales trans-frontalières. Objectif : augmenter la part modale des transports alternatifs à la voiture des 70 000 Lorrains allant travailler chaque jour dans le Grand Duché. Selon la dernière étude Eurostat, la voiture reste le moyen de transport préféré de 73 % des Européens. ■M. B.