Vers une sortie de crise en Guadeloupe ?

David Carzon

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Ils ont été au bord de la rupture tout le week-end, mais finalement, une sortie de crise est peut-être en train de voir le jour en Guadeloupe. Alors que plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté à Basse-Terre samedi, un pré-accord a été trouvé hier matin entre le patronat et le LPK (le collectif à l'origine de la grève générale contre la vie chère dans l'île), après plus de vingt heures de négociations salariales à huis clos. Entrées en discussion samedi, les deux parties s'étaient engagées à ne pas se quitter tant qu'elles ne seraient pas parvenues à un accord. Elles ont toutefois frôlé l'impasse à deux reprises durant la nuit de samedi à dimanche. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outremer, et le préfet, Nicolas Desforges, se sont longuement employés à rapprocher leurs points de vue pour éviter l'échec qui se dessinait.

Reste maintenant à François Fillon, le Premier ministre, à donner son feu vert pour le financement de cet accord. Celui-ci prévoit une augmentation de 200 euros pour les salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic, et de 3 %, à négocier entreprise par entreprise ou dans les branches, pour ceux rémunérés au-dessus de cette barre symbolique.

Le patronat, qui évalue le coût de ces augmentations salariales à environ 108 millions d'euros, exige, pour y faire face, que l'Etat lui accorde des exonérations de charges. Yves Jégo, qui a dénoncé dans Le JDD les « marges abusives » dans la distribution et l'« enrichissement des compagnies pétrolières », a précisé qu'il faudrait neuf mois pour que toutes les mesures prises soient opérationnelles. Le patronat et les membres de LPK ont prévu de se revoir si Matignon donne son aval. Dans le cas contraire, on peut s'attendre à une reprise du conflit.

En Martinique, qui a connu une contagion de la contestation, l'Etat, les élus, le patronat et le collectif de citoyens ont entamé des négociations ce week-end pour sortir l'île de la grève générale. Les grévistes ont contraint plusieurs grandes surfaces à fermer leurs portes. Alors que les négociations doivent reprendre aujourd'hui, la mobilisation doit s'intensifier, avec notamment une grande opération escargot. ■