L'EPR suscite autant d'attente que de méfiance

DECRYPTAGE Les qualités et les défauts du réacteur...

Julien Ménielle

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Le réacteur nucléaire EPR.
Le réacteur nucléaire EPR. — IDE

La construction d'un deuxième réacteur nucléaire EPR débutera en France en 2012. Après Flamanville, c'est à nouveau la Normandie qui l'accueillera, puisque Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir que c'est le site de Penly qui a été retenu. 20minutes.fr a cherché à en savoir plus sur ce réacteur.

L'EPR, qu'est-ce que c'est?

C'est le réacteur pressurisé européen (european pressurized reactor). Il a été conçu par Areva NP, société commune des Français d'Areva et des Allemands de Siemens. Présenté comme un réacteur nucléaire à eau pressurisée de 3eme génération, il permet de produire une puissance électrique de 1.600 mégawatts. Il utilise de l'uranium enrichi à 5% et du combustible nucléaire MOX (mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium). Deux réacteurs sont actuellement en construction: un en France, à Flamanville, et l'autre en Finlande.

Quels sont ses avantages?
Comme tous les réacteurs nucléaires, il n'émet pas de CO2, et ne participe donc pas à l'effet de serre responsable du changement climatique. De plus, ses constructeurs annoncent que sa sécurité a été renforcée, avec quatre systèmes indépendants au lieu de trois précédemment et un dispositif permettant de récupérer le cœur du réacteur si celui-ci venait à fondre. Contacté par 20minutes.fr, EDF précise également que ce modèle utilise 17% de combustible en moins, et réduit de 30% le volume des déchets rejetés. Enfin, le maire de Dieppe Sébastien Jumel rappelle que «cela représente 2.000 emplois pendant les cinq ans du chantier et 300 emplois pérennes après».

Quels sont ses inconvénients?
Pour l'association Greenpeace, et Bernard Laponche, expert international en politique énergétique, contactés par 20minutes.fr le principal inconvénient est la toxicité accrue des déchets. Bernard Laponche explique que «le réacteur utilise le combustible plus longtemps, donc en consomme moins et produit moins de déchets, mais leur radiotoxicité s'en trouve augmentée». Résultat, selon lui, «la radioactivité reste équivalente». Quant à la sécurité, le spécialiste en énergie de Greenpeace note que les dispositifs ont été augmentés, mais que «le réacteur ne résisterait pas à la chute d'un avion de type gros porteur». Bernard Laponche ajoute que, si les dispositifs ont été améliorés, «il ne s'agit pas réellement d'un réacteur de nouvelle génération», mais plutôt d'une amélioration du modèle précédent, conçu aux Etats-Unis dans les années 60.