Le PCF a plutôt bien tiré son épingle du jeu au premier tour des municipales, reprenant des villes à la droite comme Dieppe, Vierzon et Vaux-en-Velin, et devançant le PS dans certaines cités de Seine-Saint-Denis que le PS veut lui ravir.
Le PCF a plutôt bien tiré son épingle du jeu au premier tour des municipales, reprenant des villes à la droite comme Dieppe, Vierzon et Vaux-en-Velin, et devançant le PS dans certaines cités de Seine-Saint-Denis que le PS veut lui ravir. — Robert Francois AFP/archives

INTERVIEW

«Le chantier de l'EPR va être une véritable bouffée d'oxygène pour la région de Dieppe»

Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe (Seine-Maritime) réagit pour 20minutes.fr à l'annonce de la construction d'un 2e réacteur EPR à la centrale nucléaire de Penly...

Cet élu avait participé le 2 décembre à une délégation conduite par le maire UMP du Havre Antoine Rufenacht et composée d'élus de droite et de gauche, venue plaider en faveur du projet auprès du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

Toute la classe politique locale s'était prononcée en faveur de l'implantation de ce réacteur à Penly. Comment avez-vous réagi en apprenant la nouvelle?

Je surveillais mon portable car je savais qu'une décision devait être prise cette semaine. J'ai appris cette excellente nouvelle dans la nuit. C'est une véritable bouffée d'oxygène pour Dieppe et sa région, particulièrement percutés par la crise économique et sociale du secteur automobile. Pour le port de Dieppe, c'est également une perspective de relance dont il ne faudra pas se priver.

Comment allez-vous accompagner la mise en place de ce chantier?

Mon boulot, c'est de faire en sorte que les milliers d'emplois engendrés par le chantier bénéficient d'abord aux habitants de la région, touchés par un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. Je vais plaider pour qu'un plan de formation soit mis en place.

Ne craigniez-vous pas la colère des militants anti-nucléaires, qui avaient interrompu un conseil municipal sur le sujet en septembre dernier?

La décision de l'implantation n'a pas été prise par le maire, même si je l'ai soutenue. Il faut que le chantier soit mené dans la transparence, afin de garantir la sécurité des habitants.

Pourquoi la centrale de Penly a-t-elle été retenue selon vous?

Elle était la mieux placée, du fait de sa proximité avec la mer mais aussi de la présence de terrassements permettant d'agrandir le site. L'existence de lignes à haute tension, la qualité du travail des agents de la centrale et la proximité des grands bassins de consommation comme l'Ile-de-France ont aussi pesé dans le dossier. En 2004, on était passé à côté car le député-maire de Dieppe à l'époque (Edouard Leveau, UMP, ndlr) n'avait pas la crédibilité pour mener ce projet.