Les aides de l'état aux banques font criser

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La pancarte a fait son petit effet dans le cortège. Surmontée du visage de Nicolas Sarkozy auréolé d'un « Casse-toi pauvre con ! » écrit en rouge, elle montre un sans-abri sous des cartons, avec pour slogan « 360 milliards pour les banques, nous, on crève. » Plusieurs manifestants applaudissent à son passage, d'autres la prennent en photo. Un peu plus loin, c'est le sosie du chef de l'Etat distribuant de faux billets à un banquier caricatural - gros ventre, grosses moustaches, gros cigare - sur le char du PCF, qui fait un tabac.

Plus encore que la crise en général, c'est le plan d'aide gouvernemental aux banques qui ulcère particulièrement plusieurs manifestants. « On ne comprend rien, on entend chaque jour tant de milliards donnés aux banques, aux assurances, aux patrons, mais pour l'emploi et les salaires, désolé c'est pas possible », tempête Martine, au chômage depuis quinze mois. Beaucoup surtout ne comprennent pas pourquoi, malgré les aides publiques, l'activité bancaire ne redémarre pas. « Il y a des chantiers, des clients, mais pas de financement à cause des banques », explique Patrice, chauffagiste à Courbevoie. Pour celui-ci, « l'Etat doit aider les entreprises et les salariés, mais doit aussi forcer les banques à rejouer le jeu du crédit ».

Derrière l'affaire des banques, ce sont les choix et le discours de Nicolas Sarkozy qui sont vertement critiqués. « Il ne pense pas aux petits, tout pour les grands, les patrons, les aisés, il mène une politique de caste », reproche Patrice au chef de l'Etat. « En 2007, j'ai voté pour la dame, donc Sarkozy ne me déçoit pas, mais il me choque. Il n'est pas le président de tous les Français, mais des privilégiés », estime Maïder, employée à la petite enfance dans le Val-de-Marne. ■B. B.