un jeudi noir de monde dans les rues et sarkozy pris pour cible

Stéphane Colineau

— 

Les syndicats ne s'étaient pas trompés, ce 29 janvier 2009 restera comme une date importante dans l'histoire récente des mouvements sociaux et dans celle du quinquennat de Sarkozy. Entre 1,08 et 2,5 millions de Français, selon les sources, ont manifesté dans le pays pour « la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et du service public ». Les services publics ont été peu perturbés, mais ces seuls chiffres placent cette mobilisation à la hauteur des plus grosses observées ces quarante dernières années en France.

Dans les cortèges, une cible a été désignée : elle s'appelle Nicolas Sarkozy, coupable aux yeux des mécontents de ne pas mener une politique efficace et juste socialement en ces temps de crise. Pour s'être placé en première ligne des réformes, le chef de l'Etat se retrouve très exposé. Entre lui et les mécontents, pas de Premier ministre pour servir de fusible. Si ce mouvement social devait durer, Nicolas Sarkozy devra en tenir compte. Hier soir, il a esquissé un premier pas. Dans un communiqué, il a jugé « l'inquiétude » des Français « légitime », et souligné qu'il rencontrera en février les syndicats et le patronat « afin de convenir du programme de réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien ». Mais attention, si « cette crise impose un devoir d'écoute, de dialogue », elle impose aussi « une grande détermination à agir », a prévenu le Président. ■