«On ne balaye pas d'un revers de main une journée comme celle d'hier»

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes soulignent ce vendredi le succès des manifestations organisées à l'appel des syndicats...

Avec agence

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L'ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires), unis autour d'une plate-forme commune pour la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics, "va demander à rencontrer le président Nicolas Sarkozy et le ministre du Travail (Brice Hortefeux) dans les jours à venir", selon Jean-Claude Mailly (FO).
L'ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires), unis autour d'une plate-forme commune pour la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics, "va demander à rencontrer le président Nicolas Sarkozy et le ministre du Travail (Brice Hortefeux) dans les jours à venir", selon Jean-Claude Mailly (FO). — Jean-Pierre Muller AFP

La presse s'interroge également sur les suites à donner à ce mouvement et sur la marge de manoeuvre du président Nicolas Sarkozy.

«On ne balaye pas d'un revers de main une journée comme celle d'hier. C'est un signal», reconnaît Paul-Henri du Limbert dans les colonnes du «Figaro», qui met en garde Nicolas Sarkozy contre «ce malaise diffus et perlé né de la crise financière et des perspectives déprimantes qu'elle dessine».

Un «déploiement massif et imposant»

Même son de cloche dans «Le Courrier picard» sous la plume de Francis Lachat: «Plus qu'une protestation contre un projet précis, c'est sur un ensemble de revendications multiples et diffuses que se sont retrouvés les grévistes.»

«La première journée d'action nationale, depuis le déclenchement de la crise financière, est un succès», entonne lui aussi Patrick Fluckiger dans «L'Alsace», tandis que Didier Pobel («Le Dauphiné Libéré») évoque un «déploiement massif et imposant».

Quelle suite donner à cette mobilisation?

«Nicolas Sarkozy va devoir ravaler ses imprudentes paroles de juillet dernier sur les grèves qui passent "inaperçu" et montrer, au contraire, qu'il a entendu l'inquiétude exprimée dans la rue», estime-t-il.

Et maintenant, quelle suite donner à cette mobilisation? «S'il devait être pris à la légère, le mouvement d'hier ne pourrait que déclencher de nouvelles actions. Sans doute moins paisibles», s'inquiète Jean-Paul Brunel dans «Le Courrier de l'Ouest».

«Personne ne peut imaginer sérieusement un "effet CPE"

Jean-Louis Gombeaud («Nice-Matin») est perplexe: «La reprise économique n'étant pas en vue, l'espoir d'un changement de politique n'étant pas à l'ordre du jour, on ne parvient pas à deviner quelle direction peut désormais prendre ce mouvement».

«Personne ne peut imaginer sérieusement un "effet CPE". Le gouvernement ne va pas changer radicalement de politique pour répondre aux attentes des manifestants», rassure de son côté Michel Lépinay («Paris Normandie»).

Infléchir sa politique pour stimuler la confiance

Un avis que ne partage pas Paul Burel («Ouest-France»): «Quoi qu'il en dise, le Président pourrait être amené à freiner son ardeur réformatrice, sinon à infléchir sa politique pour stimuler la confiance, le moteur central de la croissance.»

«En ayant évoqué la légitimité du vaste mouvement d'inquiétude d'hier, il s'est pratiquement condamné à y apporter une réponse concrète», conclut Jacques Camus («La République du Centre»).