La tempête, c'est arrivé près de chez vous

PARTICIPATIF En seulement quelques heures, les vidéos, photos et témoignages sur les intempéries qui ont touché le Sud-Ouest ont envahi le Net. Des réseaux de solidarité ont même été créés. Pourquoi les internautes se mobilisent-ils autant?

Maud Descamps

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Les sinistrés se mobilisent sur Internet après la tempête
Les sinistrés se mobilisent sur Internet après la tempête — no credit

«Solidarité tempête Sud-Ouest». Cela aurait pu être le nom d'un plan d'urgence pour venir en aide aux sinistrés, il s'agit en fait de celui d'un groupe créé sur Facebook dès le 24 janvier. L'objectif est clair: «Vous avez subi des dégâts et vous souhaitez un coup de main, annoncez-le ici. Faites preuve de solidarité», annonce la page. Plusieurs internautes ont déjà laissé des messages en proposant leur aide, comme Jack qui écrit: «Moi je viens dans les Landes du 17 au 21 février si des gens ont besoin d'un coup de main laissez-moi un message.»

Et il n'est pas le seul à proposer son aide. Les membres s'y échangent des conseils mais aussi leurs témoignages sur les intempéries. Le créateur du groupe explique que c'est en entendant les auditeurs de «Sud radio» appeler pour demander de l'aide à l'antenne qu'il a eu l'idée de mettre en place «Solidarité tempête». «Je me suis juste dit que cela pouvait servir aux uns et aux autres d'avoir des conseils et de l'aide sans devoir payer des sociétés pour venir réparer les dégâts par exemple», explique-t-il. Pour Vincent Cespedes, philosophe et spécialiste d'Internet, «les événements hors du commun, comme celui-ci, créent de la solidarité. On a besoin de transmettre l'émotion forte qu'on a vécu aux autres et de ce partage naît l'entre aide».

Face à la violence de cette tempête, la pire depuis 1999 en France, les témoignages vidéos et photos ont donc été très nombreux sur le Net. Beaucoup d'internautes ont envoyé à 20minutes.fr des photos des dégâts causés par la tempête. Alors que près de 1,7 million foyers se sont retrouvés sans électricité samedi, des dizaines d'internautes ont posté des vidéos montrant la violence du vent et les dommages causés par la tempête. Comme ici, une femme filme, depuis sa fenêtre, un cèdre de son jardin, littéralement déraciné par le vent. La vidéo a été vue près de 165.000 fois en deux jours.




Ou encore à Bordeaux où un mur s'est écroulé sur des voitures qui stationnaient.



Les internautes au coeur de l'événement

Mais pourquoi tant de mobilisation? Certains internautes sont allés jusqu'à prendre des risques pour filmer la tempête. «Les catastrophes naturelles font partie des derniers événements que l'Homme ne peut pas maîtriser: séisme, tempête, inondations, explique Stéphane Clerget, auteur de "Comment avoir de vrais amis?". En filmant un événement, cela donne une impression de contrôler ce qu'il se passe. C'est une manière de prendre du recul parfois même un peu trop d'ailleurs puisque certains en oublient les risques, souligne-t-il. Et cela permet de créer du lien».

Largement sollicités par les médias, les internautes se retrouvent donc au cœur de l'événement en étant appelés à partager leur expérience et reporter leur témoignage. «Il s'agit d'un commun accord entre les médias et ceux qui vivent cette expérience, explique Vincent Cespedes. Partager ses images permet de se décharger du poids émotionnel de ce qui a été vécu, de digérer les événements et du côté des médias c’est une manière d'obtenir des informations», que les journalistes n'auraient pas pu avoir aussi rapidement. Au final, chacun y gagne.