La pire tempête depuis 1999

SYNTHESE Le bilan français est de quatre morts et d'1,7 million de foyers sans électricité...

Sa. C. avec agence

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La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé en début d'après-midi l'envoi de "715 personnels supplémentaires" afin de dégager les routes et les lignes électriques.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé en début d'après-midi l'envoi de "715 personnels supplémentaires" afin de dégager les routes et les lignes électriques. — Rémy Gabalda AFP

Dix ans après les intempéries de 1999, une tempête d'une ampleur exceptionnelle a balayé samedi le sud-ouest de la France. Au cours de la journée, les vents violents ont fait quatre morts et privé d'électricité quelque 1,7 million de foyers.

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Victimes

Quatre personnes sont mortes en France à cause des intempéries. Un automobiliste est décédé entre Bougues et Mazerolles (Landes) à la suite de la chute d'un arbre sur son véhicule. A Saint-Vincent-de-Tyrosse, un homme de 78 ans a été percuté par un débris volant entre sa maison et sa grange. A Losse, une personne a été aussi victime de la chute d'un arbre sur son véhicule. Enfin, une femme de 73 ans qui était sous assistance respiratoire est décédée à son domicile du Verdelais (Gironde) à la suite d'une coupure de courant.

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Le bilan humain est beaucoup plus lourd en Espagne, où on compte au moins dix morts, dont quatre enfants âgés de 9 à 12 ans. Selon les médias espagnols, les enfants jouaient au base-ball et sont allés se mettre à l'abri à l'intérieur de l'édifice qui s'est effondré.

Samedi matin, neuf départements ont été placés en vigilance rouge, une alerte réduite à deux départements, l'Aude et les Pyrénées-Orientales, en fin de journée. Dans l'Aude, le préfet a interdit la circulation de tous les véhicules, et dans les Landes, les autorités ont déclenché un plan Orsec qui permet la mobilisation d'importants moyens de secours. Dans les Pyrénées, la plupart des stations de ski ont fermé en raison de risque d'avalanches.

Selon Météo France, cette tempête, comparable à celle de décembre 1999, a déjà battu une série de records historiques de vitesse du vent. «Nous n'avons jamais enregistré de valeurs aussi fortes depuis que les relevés existent», a indiqué Patrick Galois, ingénieur prévisionniste à Météo France. La ville de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a ainsi essuyé des pointes à 184 km/h.

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Dégâts

Autour de Capbreton, sur le littoral landais, les routes étaient jonchées de branches et de troncs rendant quelquefois la circulation impossible. Autour du bassin d'Arcachon, des bateaux sur cale ont été renversés et se sont retrouvés à terre. De Biarritz à Bordeaux, de nombreux véhicules en stationnement se sont retrouvés ensevelis sous les gravats de murs écroulés ou sous des arbres qui ont cédé au vent. Des palissades, enseignes, éléments de toitures mal arrimés ou stores de magasins n'ont pas résisté aux bourrasques.

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La tempête a également fait ployer de nombreux pylônes électriques privant 1,7 million de foyers d'électricité, selon ERDF (Electricité Réseau Distribution France). En fin d'après-midi, 821.000 clients étaient affectés en Aquitaine, 477.000 en Midi-Pyrénées, 362.000 en Languedoc-Roussillon, 53.000 en Poitou-Charentes, 8.000 en Auvergne et 1.200 en Limousin.

A ce sujet, un début de polémique oppose la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et l’ERDF. «Après la tempête de 1999, ERDF a reconstruit les réseaux à l'identique, alors que nous plaidions pour l'enfouissement car nous avions vu que les réseaux aériens étaient fragiles», a dénoncé la FNCCR, samedi. De son côté, le directeur général adjoint d'ERDF (Electricité Réseau Distribution France), Bernard Lassus, souligne qu'après cet événement, son groupe «s'était engagé à enfouir 95% des nouvelles lignes: c'est ce que nous avons fait».

Nicolas Sarkozy en Gironde

Le chef de l’Etat a annoncé samedi après-midi qu’il se rendrait en Gironde, dimanche, accompagné des ministres Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Michel Barnier (Agriculture) ainsi que des secrétaires d'Etat Dominique Bussereau (Transports) et Chantal Jouanno (Ecologie).

De son côté, le Premier ministre François Fillon a estimé que l’Etat avait «mobilisé tous les moyens à sa disposition» avec «plus de 5.500 personnes au travail». «Si nécessaire, nous ferons appel aux moyens militaires pour permettre un rétablissement le plus rapide possible, au moins sur les points stratégiques, de l'électricité, du téléphone et des communications», a-t-il ajouté.

Face à un bilan matériel qui s’annonce catastrophique pour de nombreux particuliers, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a appelé les assureurs à «une mobilisation exemplaire», et souhaité «la mise en place immédiate de cellules de crise afin d'accélérer les procédures d'indemnisation et de réparation». Les 26 et 27 décembre 1999, deux tempêtes meurtrières avaient frappé le Nord et l'Ouest de la France, provoquant la mort de 92 personnes et des dégâts matériels estimés à des dizaines de milliards de francs.

PREVISIONS

Des vents violents sont attendus samedi dans la soirée dans le sud. En cours de nuit, la tempête s’évacuera par le sud-est du pays mais donnera encore des pluies et des chutes de neige à basse altitude sur les Alpes et le Massif-central. Dimanche, une nouvelle perturbation touchera la France par le Nord-Ouest. Elle gagnera les régions de l'ouest puis s'étendra des Pyrénées au Centre, à l'Ile-de-France et au Nord-Pas-de-Calais en fin de journée. Elle apportera des pluies parfois modérées au nord et plutôt faibles au sud.