«5.000 agents contre l'absentéisme scolaire, c'est de la contrefaçon»

REACTIONS La mesure ne séduit pas franchement les syndicats...

Catherine Fournier (avec agence)
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"Nous nous sommes mis d'accord sur une première journée d'action le 11 septembre, sous des formes diversifiées", a déclaré à l'AFP Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (première fédération de l'Education), à l'issue d'une réunion entre les fédérations de l'Education.
"Nous nous sommes mis d'accord sur une première journée d'action le 11 septembre, sous des formes diversifiées", a déclaré à l'AFP Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (première fédération de l'Education), à l'issue d'une réunion entre les fédérations de l'Education. — Joël Saget AFP/Archives

En recrutant 5.000 emplois aidés pour l'absentéisme scolaire, Xavier Darcos reconnaît les besoins de l'Education nationale sans y mettre les moyens. C'était en substance l'analyse des syndicats après l'annonce du ministre ce jeudi, lors de la présentation de son programme d'action pour 2009.

«D'une certaine manière, il admet que nous avons raison, que pour traiter les questions éducatives, il faut du monde», note Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (Fédération syndicale unitaire des personnels de l'éducation). Mais avec ce type de recrutement précaire, sans qualification, il y a en quelque sorte tromperie sur la marchandise. C'est de la contrefaçon.»

«Il aurait mieux fait de rétablir 5.000 postes»

Le syndicaliste souligne que pour lutter contre l'absentéisme,« il faut entretenir des rapports avec les familles, assurer un suivi avec des élèves. Pour cela, il faut des professionnels qualifiés. Il aurait mieux fait de rétablir 5.000 postes des 13.500 postes supprimés à la rentrée, mais cela coûterait plus cher.»

Un avis partagé par le Snes (syndicat d'enseignants du second degré). «Ça consiste à reconnaître nos besoins, mais ce sont des emplois précaires», estime Frédérique Rolet, la porte-parole. Il faut des gens formés, implantés et qualifiés dans l'établissement.» Le Snes compare ces contrats aidés aux emplois jeunes de la gauche. «A l'époque aussi, on avait souligné qu'il fallait que cela aboutisse sur de véritables emplois, avec un accès aux concours.»

A l'initiative des emplois jeunes, dont un grand nombre avait travaillé dans l'Education nationale, la gauche fustige ces nouveaux contrats aidés. Ils ne sont «pas du tout appropriés à ce qu'on attend aujourd'hui de l'école», a estimé ce jeudi Martine Aubry (PS), demandant des «enseignants formés avec des classes moins nombreuses».

«Encore une annonce sans concertation»

«Je ne sais pas pourquoi brutalement, peut-être pour faire oublier son échec sur la réforme du lycée, Xavier Darcos veut annoncer ces 5.000 emplois», a lancé la première secrétaire du PS sur France Info. «Une fois de plus, on veut montrer du doigt l'école, comme on le fait avec l'hôpital. On commence par les mettre en déficit, par retirer des postes et ensuite, on explique que c'est à cause d'eux que ça ne marche pas», s'est-elle indignée.

Le SE-UNSA (syndicat du premier et second degrés) déplore de son côté qu'il s'agit «encore une annonce sans concertation avec les organisations représentatives des personnels et les fédérations de parents d’élèves». Le syndicat s'interroge: «Au-delà de leur titre ronflant, quelles missions pour ces emplois aidés? Substitution à des personnels déjà existants, notamment ceux  intervenant particulièrement en ce domaine (CPE, personnels médico-sociaux…) ? Intervention en complément et, si oui, avec quelles compétences ? Il semble bien que l’annonce prime sur la réflexion.»