A Lyon, les SDF se détournent des foyers

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Les hébergements d'urgence boudés par les sans-abri. C'est ce qui ressort d'une enquête sur les SDF menée à Lyon et dont les résultats ont été dévoilés hier par le réseau Personne dehors et la mission régionale d'information sur l'exclusion (Mrie). Sur le millier de personnes interrogées, 75 % déclarent « ne pas ou ne plus avoir recours au 115 ». Pour se justifier, 33 % des sans-abri citent le manque de places dans le dispositif d'urgence, 27 % les difficultés pour joindre la veille sociale, 35 % les mauvaises conditions d'hygiène et 21 % le sentiment d'insécurité dans ces structures.

« L'un des freins est aussi la discontinuité de l'hébergement proposé. Ces personnes se demandent comment elles peuvent se réinsérer en restant trois jours dans un centre avant de devoir partir », analyse la Mrie. Parmi les attentes formulées figurent des centres ouverts toute la journée. Le réseau Personne dehors souhaite que cette étude serve de base à une réflexion sur l'accueil d'urgence. ■A Lyon, Elisa Frisullo