Besancenot se retrouve au poste

Bastien Bonnefous

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Olivier Besancenot, futur ennemi public n° 1 ? Le porte-parole de la LCR, qui doit lancer son Nouveau Parti anticapitaliste début février, est la dernière cible de l'UMP. En vogue dans les sondages à quelques mois des élections européennes de juin, le leader d'extrême gauche incarne « ce qu'elle a en réalité de plus agressif, de plus violent », selon Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, interrogé dimanche.

Hier, Besancenot, facteur à Neuilly (Hauts-de-Seine), a été entendu, avec deux collègues syndicalistes de SUD-PTT, au commissariat de Nanterre, à la suite d'une plainte du directeur du centre de tri de la ville. Le 10 novembre, le leader politique avait eu une altercation verbale avec ce dernier, Jean-Baptiste Casanova, alors que des postiers manifestaient sur place. Casanova se serait retrouvé à terre, avant de se relever rapidement. Blessure au coude « en étant bousculé par le groupe », selon La Poste, « simulation grossière et malhonnête de chute », d'après la LCR. Pour plusieurs partis de l'opposition, cette attaque contre Besancenot incarne une stratégie plus globale de diabolisation de l'extrême gauche, qui gagne des points par temps de crise, dans la foulée de divers événements (affaire de Tarnac, émeutes en Grèce, grève à la gare Saint-Lazare...). Lundi, Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de gauche, a dénoncé « la multiplication des intimidations policières, judiciaires ou patronales de militants syndicaux ou politiques, dans le seul but de faire taire l'exaspération sociale et civique ». « Nicolas Sarkozy essaie de criminaliser le mouvement social », a résumé plus sèchement Olivier Besancenot dimanche. ■