Karen Montet-Toutain vit « de nouveau la douleur »

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« Je me sens comme une partie civile qui va affronter le procès en appel de son agresseur, qui subit la pression médiatique et la réouverture d'un dossier et des blessures. » Ce sont les mots de l'enseignante Karen Montet-Toutain, alors que s'est ouvert hier, devant les assises de Paris, le procès en appel de Kévani Wansale, 21 ans, qui l'avait poignardée en plein cours en 2005.

Le 1er mars 2008, le jeune homme a été condamné à treize ans de réclusion. La justice a estimé qu'il avait bien tenté d'assassiner son professeur le 16 décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'Etampes (Essonne), en lui portant plusieurs coups de couteau aux bras et à l'abdomen. Alors que la panique s'emparait de la classe, il s'était acharné sur l'enseignante, alors à terre, avant de s'enfuir. Il s'était rendu le lendemain.

Lors du premier procès, il avait reconnu avoir frappé Karen Montet-Toutain, mais a démenti toute préméditation, affirmant avoir pris un couteau avec lui pour se suicider. Il avait fait appel. Hier, son avocat a expliqué que « trois éléments [n'ont pas été] pris en considération : son âge au moment des faits, son passé de mineur extrêmement difficile et la complexité de l'acte lui-même ». Karen Montet-Toutain a regretté devoir « à nouveau vivre la douleur » face à son agresseur. La jeune femme, encore fragile tant sur le plan psychologique que physique, est toujours en arrêt maladie. Verdict vendredi. ■