Les hôtels français vont briller un peu plus

Laure de Charette

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La France aussi aura bientôt ses palaces. Depuis le 1er janvier, les 837 hôtels quatre étoiles ou quatre étoiles luxe du pays - soit près de 5 % du parc hôtelier - peuvent se porter candidats à une cinquième étoile, en vertu du nouveau classement hôtelier mis au point par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Tourisme. L'ancien datait de 1986. Si, pour l'instant, aucun candidat ne s'est officiellement déclaré - il est encore un peu tôt -, l'immense majorité devrait postuler. Les prestigieux établissements parisiens, comme le Bristol, le Crillon ou le George V sont concernés, mais aussi les hôtels de province comme le Negresco à Nice, le Majestic à Cannes et ceux des grandes chaînes hôtelières. Et pour cause, la plupart estiment, à l'instar du Normandy Barrière à Deauville (lire ci-dessous), qu'ils offrent déjà des prestations dignes de leurs concurrents étrangers dotés de l'étoile supplémentaire.

Ce nouveau classement met fin à une exception française. En effet, des Etats-Unis au Japon en passant par les pays du Maghreb, cette cinquième étoile brille déjà. Le Burj Al Arab, à Dubaï, s'est même autoproclamé sept étoiles. La singularité hexagonale a pu être pénalisante : « Si des entreprises voulaient organiser un séminaire quelque part dans le monde, la France était écartée des appels d'offres », indique-t-on au ministère. « Les clients ne comprenaient pas pourquoi il y avait des Sofitel cinq étoiles partout dans le monde, et pas en France, précise Françoise Parguel, directrice de la communication de la marque haut de gamme du groupe Accor. Pour autant, cela ne nous a pas porté préjudice en termes de business. »

Pour remporter la cinquième étoile, et entrer dans l'esprit des touristes dans le gotha des palaces, les établissements devront répondre à 125 critères, dont douze spécifiques (lire ci-contre), équivalant à un nombre de points précis. Un audit sera réalisé tous les trois à cinq ans. En somme, les hôtels ne devraient pas avoir à investir outre mesure pour décrocher le Graal. Et les retombées sonnantes et trébuchantes devraient être, dans un premier temps du moins, limitées. « L'étoile va surtout nous apporter une cohérence d'image », se réjouit Sofitel, qui a entamé en 2007 un repositionnement dans le luxe. ■