C'est la rentrée pour Martine

Bastien Bonnefous

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Martine Aubry est de retour et elle veut que cela se sache. La première secrétaire du PS fait sa rentrée avec une semaine de retard, la faute à une cornée indélicate. Remise de son accident oculaire, Martine Aubry a présenté hier ses voeux à la presse, avant de dévoiler demain le plan de relance socialiste pour sortir de la crise. Avec une prestation le 29 janvier en invitée principale d'« A vous de juger » sur France 2, la maire de Lille, discrète depuis son accession à la tête du PS fin 2008, compte désormais se faire entendre et voir.

Hier, elle a commencé par frapper fort, en annonçant le dépôt d'une motion de censure « en fin de semaine » contre la politique économique du gouvernement. Objectif : « Dire clairement qu'alors que notre pays rentre dans cette crise lourde, profonde, rien n'est fait pour changer la donne », a déclaré Martine Aubry. La première secrétaire doit présenter demain son plan de relance, élaboré avec quatre secrétaires nationaux. Le texte a fait l'objet de négociations entre les différents courants qui composent la nouvelle direction du PS. Un alliage pas toujours huilé, les réformistes strauss-kahniens ayant plusieurs fois regretté les positions trop à gauche, selon eux, du porte-parole Benoît Hamon. Calqué sur les recommandations du FMI, le plan socialiste devrait préconiser de consacrer deux points du PIB, soit 40 milliards d'euros, à la relance.

Un moyen surtout pour Martine Aubry d'imprimer sa marque au PS, en affichant plus d'autorité et de discipline que son prédécesseur, François Hollande. Une stratégie qui a déjà fait des dégâts, André Vallini, secrétaire national à la Justice, ayant démissionné la semaine dernière de la direction du PS. Il avait été tancé par Martine Aubry, pour avoir réagi publiquement au projet de suppression du juge d'instruction, sans en informer la première secrétaire. ■