Le dr Maure se prescrit un retour à la case procès

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Cinq ans qu'il se retient. Alors hier, au premier jour de son procès devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, Michel Maure s'est démené. Se disant victime d'un complot généralisé, fomenté par l'ordre des médecins avec l'aide de la justice, l'ex-généraliste coupe la parole au président et traite une partie civile de menteuse. Encadré par deux policiers, Maure, 60 ans, se dit « parfaitement innocent ». « J'ai fait appel pour être réhabilité, qu'on me dise : "Ce que vous avez fait, c'est bien". »

Se présentant comme « l'un des plus grands chirurgiens esthétiques du monde » avec « plus de 10 000 opérations » au compteur, Maure est poursuivi par près d'une centaine de patientes. Il opérait seul, souvent deux ou trois personnes à la fois, sous anesthésie locale alors qu'il s'agissait parfois d'implanter des prothèses mammaires. Il lève les yeux au ciel quand le président rappelle les rapports d'expertise : un cabinet « sale et poussiéreux », des médicaments « périmés, mélangés », voire interdits. Le prévenu tempête : « Le cabinet avait été vandalisé avant la perquisition, c'est pour ça qu'il y avait du désordre ! » Dans le public, Sylvie, opérée pour une liposuccion, est dépitée : « Il n'a pas changé. » Le procès doit se poursuivre jusqu'à mardi. En première instance, Michel Maure avait été condamné à trois ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende. ■■A Marseille, Frédéric Legrand