Rien de bien neuf au pied des tours

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Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Le premier bilan du plan « Espoir banlieue », lancé il y a presque un an, doit être dressé aujourd'hui à Matignon lors d'un comité interministériel à la Ville, alors même que les plus hautes autorités de l'Etat reconnaissent qu'il « patine ». Très attendu depuis que le candidat Sarkozy avait promis un « plan Marshall des banlieues », l'opération, lancée début février 2008 après bien des atermoiements, avait déjà déçu par son manque d'ampleur et d'objectifs chiffrés.

Fin décembre, alors que les répercussions de la crise sont particulièrement redoutées en banlieue, la secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville, Fadela Amara, a accusé certains hauts fonctionnaires de « freiner » la mise en oeuvre du plan. En particulier l'installation en banlieue des délégués du préfet, chargés de coordonner l'action des services de l'Etat dans 350 quartiers sensibles. « A l'heure où je vous parle », avait-elle lancé sur France Inter, « sur les 350 délégués du préfet annoncés par le Président au mois de février, il n'y en a même pas une quinzaine en fonction ! C'est quand même scandaleux. Et ce n'est pas faute d'avoir tapé du poing sur la table ! » Le 17 décembre, le chef de l'Etat avait lui-même reconnu que le plan n'allait « pas assez vite ». Dans le domaine de l'emploi, Fadela Amara a également admis avoir pris du « retard » dans la signature des « contrats d'autonomie ». Ces derniers entendent remédier au taux de chômage élevé des 18-25 ans (près de 40 %) dans les quartiers sensibles. Ils sont censés être proposés à 15 000 jeunes par an.

Seul domaine où l'éclaircie paraît tangible : la rénovation urbaine. « Les 12 milliards engagés dans cinq cents quartiers sont bien là », a déclaré dimanche Fadela Amara. ■