Réforme du parlement: ça a chauffé dans l'hémicycle

POLITIQUE Les députés de l'opposition ont bruyamment manifesté leur désaccord lors de l'examen du texte, tandis que le président de l'Assemblée poursuivait la séance...

J.M. avec agence

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 French former socialist Prime Minister Laurent Fabius poses a question duringt the weekly session of questions to the government on January 13, 2009 at the French National Assembly in Paris. Foreground are French former Socialist Party First Secretary Francois Hollande (L) and President of the Socialist Party group Jean-Marc Ayrault (2ndl).

       AFP PHOTO PATRICK KOVARIK
 French former socialist Prime Minister Laurent Fabius poses a question duringt the weekly session of questions to the government on January 13, 2009 at the French National Assembly in Paris. Foreground are French former Socialist Party First Secretary Francois Hollande (L) and President of the Socialist Party group Jean-Marc Ayrault (2ndl).        AFP PHOTO PATRICK KOVARIK — AFP / PATRICK KOVARIK

L'Assemblée bouillonne. Plusieurs dizaines de députés PS ont mené mardi soir un incroyable mouvement de protestation dans l'hémicycle de l'Assemblée en scandant «démocratie, démocratie» rassemblés au pied du perchoir où siège le président, lors de l'examen sur la réforme du Parlement.

Les députés PS ont ensuite entonné la Marseillaise, tandis que le président UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer poursuivait la séance en faisant fi des protestations. «Accoyer démission», ont du même coup crié les élus PS, tandis que leurs collègues UMP restaient assis sur leur banc. «Nous avons assisté à un coup de force de certains députés de l'opposition. Je déplore profondément cette attitude violente, en particulier de la part de parlementaires en charge de légiférer. Elle n'est pas digne de la représentation nationale», a répondu l'intéressé dans un communiqué.

Déjà vendredi soir, trente députés de gauche avaient décidé de «faire mouvement» vers la tribune, se massant au pied du perchoir en scandant «Accoyer! Accoyer!», tandis que de pauvres huissiers protègaient de leur corps la tribune boisée. La séance avait été suspendue, mais un Accoyer averti avait décidé de rester prudemment à l’hôtel de Lassay à la reprise des débats.

Limitation des débats

Plusieurs fonctionnaires de l'Assemblée ont expliqué mardi soir qu'ils n'avaient jamais vu une telle manifestation. «C'est sans précédent», a confirmé un responsable du service de presse, en poste depuis 15 ans à l'Assemblée nationale. Les députés PS avaient refusé de reprendre la séance tant que le président de l'Assemblée n'avait pas convoqué une conférence des présidents (réunion qui fixe l'ordre du jour de l'Assemblée).

L'Assemblée avait, à 21h30, commencé l'examen de l'article 13, le plus controversé du projet de loi organique sur la réforme du Parlement. Il prévoit une durée maximale de débat pour tout projet de loi et stipule que «les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion».

Tout le monde n'a pas pu s'exprimer

La colère des députés PS, déjà très remontés contre cette disposition, a explosé quand la majorité UMP a voté la fin prématurée de la discussion sur l'article, à la demande du président UMP de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann, alors que tous les élus PS inscrits n'avaient pas parlé.

«Vous vous êtes foutus de ma gueule et je ne suis pas prêt de l'oublier», a lancé dans les couloirs le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, au secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi. «Vous faites une erreur en multipliant les amendements de suppression de cet article», a répondu celui-ci. Le gouvernement et la majorité dénoncent «l'obstruction» de la gauche depuis le début de l'examen du texte il y a une semaine.

L'opposition quitte l'hémicycle jusqu'à nouvel ordre

Jean-Marc Ayrault estimait que le gouvernement et la majorité UMP faisaient la sourde oreille à une solution de compromis qu'il proposait: «Je tends la main, vous la mordez». Certains députés de la majorité ont aussi protesté après la décision d'abréger la discussion sur l'article 13: «Que chacun ne puisse pas s'exprimer sur l'article principal, cela me choque», a déclaré François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre (NC, partenaire de l'UMP).

Les députés de l'opposition ont quitté l'hémicycle jusqu'à nouvel ordre. Jean-Marc Ayrault Ayrault, évoquant une «crise politique», a annoncé que son groupe ne siègerait pas à la séance des questions d'actualité au gouvernement mercredi. Un fait inédit depuis sa création en 1974.


Bronca des députés PS à l’Assemblée
envoyé par Rive-gauche