Nicolas Sarkozy, la réforme de la carte militaire, et la «menace» Carla

ARMEE On l'avait presque oublié en cet Obama's Day, mais Nicolas Sarkozy avait des choses à dire ce mardi. Il a défendu en Seine-et-Marne la réforme de la carte militaire, répétant qu'il n'y avait «pas d'autre stratégie possible»...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy a défendu mardi en Seine-et-Marne la réforme de la carte militaire, qui prévoit la suppression de 54.000 postes civils et militaires d'ici 2015, répétant qu'il n'y avait "pas d'autre stratégie possible" que la réforme.
Nicolas Sarkozy a défendu mardi en Seine-et-Marne la réforme de la carte militaire, qui prévoit la suppression de 54.000 postes civils et militaires d'ici 2015, répétant qu'il n'y avait "pas d'autre stratégie possible" que la réforme. — Philippe Wojazer AFP

Les restructurations dans la Défense, «c'est pas une lubie», a déclaré le chef d’Etat lors d'une table ronde à Provins, qui s'inquiète du déménagement des 900 hommes du 2e régiment de hussards, basés dans la commune voisine de Sourdun, pour Haguenau (Bas-Rhin) à la mi-2009.

«On voulait pas l'armée italienne, on a eu Carla»

«Qui peut me dire que cette situation pouvait perdurer: dispersion de moyens, dispersion d'argent, dispersion d'efficacité», a lancé Nicolas Sarkozy avant d’asséner un argument mystérieux: «Il y avait des régiments français en charge de s'assurer que nous ne serions pas envahis par l'Italie», a raillé le chef de l'Etat. «On voulait pas l'armée italienne, on a eu Carla», a-t-il poursuivi, «mais enfin c'est quand même plus agréable, notamment pour moi».

Une belle salve de rigolade, explique le journaliste Jean-Dominique Merchet sur son blog Secret Défense: «En regardant la carte des restructurations, on ne voit que deux unités, transférées ou dissoutes, qui seraient concernées par la menace italienne: le 7e Bataillon de chasseurs alpins de Bourg-Saint-Maurice (73) et le Centre national d'aguerrissement à la montagne (Briançon et Barcelonnette). Si ces unités sont dans les Alpes, c'est parce que ce sont des unités de montagne...»

Après cette bonne blague, il a quand même fallu à Nicolas Sarkozy livrer un long plaidoyer pour dénoncer le refus d'une partie des 330 fonctionnaires du Service d'études sur les transports, les routes et leurs aménagements (Setra) de Bagneux (Hauts-de-Seine) de s'installer à Sourdun pour compenser le départ des militaires.

«Suppression de 54.000 emplois civils et militaires»

«Ils ont tort, parce que ce transfert il se fera. Et je suis désolé, c'est une opportunité de travailler dans un cadre pareil. Dès que je veux changer quelque chose, toutes les forces du conservatisme se mobilisent pour l'empêcher. J'étais préparé à ça, j'écoute mais je n'en tiens pas compte», a-t-il lâché.

Pour rassurer le maire UMP de Sourdun, qui s'inquiétait du «grand traumatisme» subi par sa commune avec la fermeture de sa caserne, il a souligné: «On va essayer non pas de vous compenser, on va essayer de faire mieux, la crise, c'est une opportunité pour en sortir plus fort.»

«C'est la qualité des projets qui nous intéresse», a par ailleurs répondu le chef de l'Etat au président du Conseil général de Seine-et-Marne, Vincent Eblé (PS), qui a jugé «insuffisante» l'enveloppe de 10 millions d'euros promise par l'Etat pour accompagner le départ du régiment: «Ça se fait pas au poids. "Elle veut un rôti de combien la petite dame ?" C'est pas ça», a raillé Nicolas Sarkozy.

Pour amortir le choc de la réforme de la carte militaire, qui se traduit par la suppression de 54.000 emplois civils et militaires et la fermeture de 83 sites, le gouvernement a promis de débloquer une enveloppe de 320 millions d'euros d'ici 2015.