Le parquet s'oppose à la remise en liberté de Jean-Marc Rouillan

JUSTICE Il estime que l'ancien d'Action directe doit d'abord repasser par une demande de semi-liberté...

J.M. avec agence

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Les soutiens de Jean-Marc Rouillan se sont mobilisés mercredi pour dénoncer le "harcèlement" dont serait victime le cofondateur d'Action directe (AD) et s'opposer à sa réincarcération, qui sera débattue jeudi à Marseille.
Les soutiens de Jean-Marc Rouillan se sont mobilisés mercredi pour dénoncer le "harcèlement" dont serait victime le cofondateur d'Action directe (AD) et s'opposer à sa réincarcération, qui sera débattue jeudi à Marseille. — Michel Gangne AFP/Archives

Jean-Marc Rouillan reste en prison. Le parquet de Paris s'est prononcé lundi contre la libération conditionnelle du cofondateur d'Action directe (AD). Son avocat explique que le parquet a estimé qu'il devait au préalable réclamer à nouveau le régime intermédiaire de semi-liberté qui avait été suspendu à la suite des propos de l'intéressé sur son passé terroriste dans un entretien à «l'Express».

Jean-Marc Rouillan a été condamné deux fois à la prison à vie dans les années 1990, notamment pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Dans son cas, la libération conditionnelle ne peut être acceptée qu'après un an minimum de semi-liberté. Ces 12 douze mois n'ayant pas été effectués, le parquet estime désormais qu'il doit à nouveau passer par la semi-liberté avec journée de travail en extérieur et nuit passée en prison.

Repartir à zéro

Or, d'après son avocat, repartir à zéro avec une demande de semi-liberté signifierait «un minimum de deux à quatre ans de prison complémentaires» d'ici à la sortie sous conditions. En la réclamant déjà, il tente d'exploiter «un vide juridique», la décision de révocation de semi-liberté n'ayant selon lui pas été explicitement assortie d'une interdiction de demander la libération conditionnelle.

De décembre 2007 à octobre 2008, Jean-Marc Rouillan avait travaillé pour l'éditeur marseillais Agone pendant la journée, tout en passant ses nuits et ses week-ends à la prison des Baumettes. Depuis trois mois il est de nouveau incarcéré à plein temps comme ce fut le cas depuis son arrestation en 1987. Le tribunal de l'application des peines de Paris, qui a examiné son dossier à huis clos en l'entendant par visio-conférence, rendra sa décision le 4 février, a précisé l'avocat.