La Chouette d'or devant la justice

« Il faut que la justice nous rende la Chouette ! » Max Valentin est inquiet : l'avenir de sa chasse au trésor est menacé. La cour d'appel de Versailles (Yvelines) doit se prononcer aujourd'hui sur la « Chouette d'or », jeu à énigmes lancé en 1993 do...

Bastien Bonnefous

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« Il faut que la justice nous rende la Chouette ! » Max Valentin est inquiet : l'avenir de sa chasse au trésor est menacé. La cour d'appel de Versailles (Yvelines) doit se prononcer aujourd'hui sur la « Chouette d'or », jeu à énigmes lancé en 1993 dont le prix, une chouette en or et diamants de 150 000 euros, est entre les mains d'un liquidateur judiciaire. Créé par Max Valentin et le sculpteur Michel Becker, « Sur la trace de la Chouette d'or » mène, via un livre d'énigmes, à une contremarque, une chouette en bronze enterrée quelque part en France.

Si un chasseur découvre la contremarque, il peut l'échanger contre la Chouette d'or. Un troc désormais impossible puisque le trophée a été saisi en 2005 par un liquidateur judiciaire. A l'origine de ce couac, l'éditeur In Folio, chargé en 2003 de la 3e édition du livre d'énigmes, mis en liquidation judiciaire. La justice a alors saisi la sculpture comme actif de la société, au grand dam de Max Valentin. « La Chouette n'appartient pas à In Folio, mais à Michel Becker, et surtout au potentiel gagnant du jeu », explique son concepteur.

Depuis les années 1990, la Chouette d'or a excité près de 150 000 joueurs. « Il y en a un qui a fait sauter une chapelle, certain que le trophée était dessous », se souvient Max. Patrice Salvy est un chasseur de la première heure. « Au départ, c'était une obsession, aujourd'hui, je suis devenu raisonnable, même si je continue de chercher », explique ce gamin de 50 ans. Lui ne croit pas à l'arrêt du jeu en cas de captation de la Chouette par la justice. « Beaucoup de chasseurs continueront. Ce qui compte, c'est la beauté du jeu, bien plus que l'appât du gain. » ■

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